Journal de bord | Événement de voile de Québec à St-Malo | Transat Québec St-Malo

  • 5 août

    * Pour ne rien perdre de l’intensité de ce que vivent les équipages et pour respecter l’esprit « international » de la Transat, les textes sont publiés dans leur langue originale


    5h37, 5 août – Georges Leblanc  – Océan Phénix (08)
     

    L'équipage a bien hâte de rentrer à Saint-Malo. Par bonheur, depuis samedi après-midi, le vent nous a propulsé vers la Manche et encore, ce matin, le vent continue de souffler du sud et nous espérons qu'il soufflera jusqu'à la ligne d'arriviée.

    Malgré un fond d'air frais, le soleil brille, nous réconcilie avec la météo, réchauffe les coeurs et assèche les cirés!

     

  • 4 août

    * Pour ne rien perdre de l’intensité de ce que vivent les équipages et pour respecter l’esprit « international » de la Transat, les textes sont publiés dans leur langue originale


    9h51, 4 août – Georges Leblanc  – Océan Phénix (08)
     

    L'OCÉAN PHÉNIX approche de l'entrée de la Manche.  Au grand plaisir de Sébastien, nous avons finalement pu hisser un spi!  Nous atteignons des pointes de 21 nœuds.  Nous pensons atteindre la Manche en fin de soirée et St-Malo au cours de la journée de demain.

    Le barreur doit être prudent car plusieurs chalutiers se retrouvent sur notre route. Il est de mise de passer par l'avant des bateaux de pêche afin d'éviter les trainées de filets et devenir leur prise!

    Nous qui avons côtoyons les dépressions tout au long de notre traversée, le soleil nous chauffe enfin la couenne!
     

     

    9h26 4 août – Louis Duc – Avis Immobilier (47)
     


    Au large des îles Scilly, on lutte contre les courants de marée, 12 mètres de marnage à St- Malo, ça sent la pêche à l'étrille des grands coeff dans quelques jours ça!

    Heureusement, on a de l'air, 20 25 nds de vent au largue avec des rayons de soleil et des grains, on a enfin touché le sud ouest qu'on essaye de rattraper depuis la nuit dernière: on lui court après (comme transport Cohérence après nous), on avance en même temps que le système météo, donc on se faisait toujours rattraper par le NW! Maintenant, il devrait nous accompagner jusqu'à l'arrivée en mollissant un peu.

    Les derniers jours ont été relativement musclés, comme beaucoup d'autres bateaux, les petits soucis ne nous ont pas épargnés, problèmes d'emmagasineur de gennaker en enroulant juste avant un grain, le vent monte violemment, affalage en catastrophe sans enrouler, ça peut vite mal se passer une manœuvre comme ça, on s'en sort avec une déchirure et

    2 pieds de balcons avant à ressouder, mais la voile est sauvée!

    Plus de petit spi depuis Miquelon, plus de gennaker, les performances du bateau sont drôlement pénalisées, pourtant l'écart avec Transport Cohérence (Benoit Parnaudeau, et Christophe Lebas), le rasta boat, a l'air de se maintenir, on se bagarre ensemble depuis le départ de Québec, on espère avoir le dernier mot, c'est pas fini encore!!

    Devant nous, Bleu, l'équipage canadien, à chaque pointage l'écart se réduit un peu...

    L'équipage

    Depuis le départ Marc, Antoine et Jérôme, qui embarquaient pour découvrir la course au large, gambadent sur le pont comme s’ils avaient toujours fait ça: manœuvres de changement de voiles, empannages sous spi dans la brise, monter au mât pour décoincer une drisse, ils sont pris au jeu de la compétition à chaque pointage et nouveau classement, passés par des coups durs quand on voit nos adversaire se faire la malle dans le St-Laurent alors qu'on est à l'ancre pour attendre la renverse, qu'on perd le spi lourd qui deviendra un gros handicap, travailler toute la nuit pour remettre en route le bateau pendant notre escale, vivre dans une ambiance humide sans répit pendant une semaine, mais ils apprécient à leurs justes valeurs les nombreux départs au surf à plus de 20 nds, les couleurs d'une mer démontée, les timides rayons de soleil, et les milles qui défilent et nous rapprochent de l'arrivée...
    Ont-ils pris la piqûre du large? Ou sont ils vaccinés?...
     

    9h13 4 août - Benoît Parnaudeau – Transport Coherence (17)
     

    Courant dans le nez qui lève un clapot désagréable, paraît que la cartographie ne fonctionne plus les internautes sont perdus ?


    Nous nous ne savons pas qui a emporté l'épreuve.
    Halvard ? Mais celui-ci avait un problème de safran alors Halvard 1 ou 2 ?
    Dans tous les cas, celui-ci nous aura montré, comme il y a 4 ans, qui était le maîitre au portant en class40, chapeau bas.
    Pour nous le passage par le sud pourrait être payant la dep ayant décidée de mettre beaucoup de sud dans sa route, c'est maintenant P’tit Louis qui est le plus proche du centre, et donc le plus embête avec : moins de vent moins de refus et une mer moins accueillante, enfin à bord on l'espère !
    Si on fait l'inventaire des voiles, il nous reste le solent, le grand spi et le code 5 réparé mais qu'il faut préserver.
    C'est haut de range pour le grand spi surtout avec cette mer formée.
    Mais Christophe est un excellent barreur, nous sommes reposés, allez on prépare bien tout et on envoie.
    Du coup ça déboule, nous naviguons très abattus, sur la route à 14/15/16/17.5 GPS nds, yes enfin !
    Allez P’tit Louis, serre les fesses nous pouvons peut-être nous faire un final à vue.
    Reste 200 milles, rize de vent à 30 nds, vitesse bateau constant 15/16 nds,
    32 nds de vent pendant que j'écris, ça passe...
    Allez Christophe, envoie dedans !
     


    4h00, 4 août – Benoît Parnaudeau – Transport Coherence (17)
     


    Depuis que nous sommes arrivés sur le plateau continental la mer s'est calmée un peu.

    Juste derrière la dépression comme nous le sommes depuis Terre-Neuve, la mer est difficile car croisée, de plus si tu vas au nord le vent d'empêche de redescendre, si tu vas au sud il t'empêche de remonter, alors par où passer ?

    De plus nous n'avons plus de spi, nous sommes obligés de tirer des bords de grand largue sous solent ce qui rallonge un peu la route tout en allant un peu moins vite.

    Devant nous Ptit Louis sur Avis Immobilier qui ne se laisse pas faire.

    Vu les circonstances météo, il était évident que celui-ci allait protéger sa gauche aussi nous avons choisi de faire la cuillère par le sud.

    Le risque est que nous ayons moins de vent avec un angle moins intéressant.

    Nous avons quand même réussi à réparer le code 5 (voile d'avant assez

    polyvalente) que nous gardons au chaud pour la fin, quand le vent mollira.

    Du coup ça a été pilote et bannette toute la nuit avec un gars en veille quand même, tout l'équipage est donc reposé et fin prêt pour cette fin de parcours.

    Bises de tout l'équipage

     

  • 3 août

    * Pour ne rien perdre de l’intensité de ce que vivent les équipages et pour respecter l’esprit « international » de la Transat, les textes sont publiés dans leur langue originale

     

    21h15, 3 août – Christophe Coatnoan - Partouche (13)

     

    À bord de Partouche, au large des Sept Iles, 1.00 TU

    La mer s'est calmée, la lune est là et Partouche allonge encore et toujours la foulée - comme si ce bateau n'était pas descendu en-dessous des 12 nœuds de moyenne depuis 48 heures.

    À une cinquantaine de milles de Saint-Malo, le final de cette transat est magnifique. À droite, on distingue les lumières des Côtes d'Armor, premiers feux depuis Saint-Pierre et Miquelon. Le vent de sud-ouest charrie l'odeur de la terre à laquelle nous n'étions plus habitués. Sous GV haute et gennaker, le Pogo 40S2 trace un impeccable sillon à haute vitesse. Quelles machines, ces Class40 !

    Il fait frais et l'ambiance est toujours aussi humide. Dernier lyophal, dernier thé brûlant, dernier enfilage de ciré humide, dernier réveil embrumé par le quart descendant, dernière chevauchée sous la pleine lune...

    On est là.


    11h03, 5h03, 3 août 2012 - Groupe Picoty (109)
     


    Retour à la maison

    Il est 14h29 TU  et nous venons de passer la ligne de démarcation des eaux territoriales France-United Kingdom.

    Nous attaquons la traversée du rail d'Ouessant et demain nous espérons prendre la petit dej à St-Malo. Parti le 11 mars de St-Nazaire, voilà un beau parcours de régates successives qui se termine avec une transat Québec St Malo très rapide. Conditions musclées, mais principalement au portant, une allure qu'affectionne les Classs40.Que de beaux moments magiques vécus dans notre périple par le Mexique, Usa et Québec.

    Dommage pour notre sortie du St-Laurent chaotique, car il nous a fallu faire une course poursuite, intéressante certes, mais avec une tête de course qui partait avec les conditions météo et des équipages, il faut bien l'avouer, très bagarreurs.

    Course intense et superbe en Class40 à laquelle nous sommes fiers d'appartenir.

    À cet instant, le vainqueur est à terre et notre équipage reconnaît la qualité et son intelligence de course.

    Bravo et félicitation à Halvard, Miranda et Christian.

    Team Picoty-Lac de Vassiviere-Dekra

    Kali-JC-Jack


     

    10h50, 4h50, 3 août 2012 - David Augeix - EDF Énergies Nouvelles (45)
     

    Hier soir et cette nuit, nous sommes venus chatouiller le Diable...
    Bon, la dépression était prévue depuis un moment.
    Ça, on le savait aussi bien que l'ensemble de nos petits camarades de jeu.
    Avec un mât bien étayé, pas trop de soucis, on traverse et on prend soin à ne pas abîmer les voiles tout en allant le plus vite possible.
    Avec l'étai principal en moins, c'est très vite plus stressant.
    On a beau être au portant, la mer formée chahute le bateau et donne des coups répétés dans le gréement.
    Les mâts n'aiment pas ça du tout. Ils n'ont pas été conçus pour jouer au fouet.
    Enfin, je ne suis pas mât, mais ils l'ont souvent fait comprendre aux impétueux.
    Ce qui fait office d'étais est actuellement la drisse de geenaker mouflée.
    Il n'empêche, ça danse la samba là-haut, pourtant on ne va pas au Brésil cette fois. Erreur de tempo avec le Biniou?
    Bref, surfs a 18 noeuds dans la mer croisée sous trinquette et 1 ris... c'est bon pour maintenir les poursuivants derniers.
    Mais avec un air de samba au-dessus du deuxième étage de barres de flèche... c'est moins bon pour le coeur.
    Ma foi, ça a tenu jusqu'à présent, même pas de bruits suspects, même pas la semelle de pont qui bouge...
    Notre mât a bon caractère. Serait-il du bois dont on fait les flûtes?
    Nous l'espérons et nous essayons d'en prendre soin...
    Bref, nous sommes venus chatouiller le diable, il a grogne, nous a un peu secoués mais il semble nous laisser passer... "for while" precise Jeff.
    Allez, plus que 280 milles à tenir mon mât, tiens bon, tiens bon...
    A +
     


    08h45, 2h45, 3 août 2012 - IX Blue (109)
     


    Hier, alors que les surfs à plus de vingt nœuds s'enchaînaient (avec un joli record à 23.5 noeuds!) s'asseoir devant le PC pour écrire quelques lignes relevait du défi! À chaque vague, le bateau se ruait dans la mer déchaînée, le tout accompagné d'un bruit strident dans les safrans et de mouvements brutaux. À l'extérieur, les combinaisons sèches étaient un pré requis pour tenter de dompter l'engin à la barre tant le pont était littéralement submergé par les trombes d'eau. À la clé des vitesses moyennes vertigineuses : il nous a fallu seulement une semaine pour rallier les côtes bretonnes à partir de Terre-Neuve !!!


    À l'approche du vieux continent, le vent mollit, le soleil nous permet de sécher un peu et de savourer les derniers milles de cette course éprouvante. Pour nous, il est grand temps d'arriver, car notre gestion de l'avitaillement a cruellement manqué de rigueur : le rationnement a commencé dès le passage de Saint-Pierre et Miquelon. Nous mangeons depuis une semaine uniquement du riz et des pâtes en quantité limitée...

    Il y a quatre jours tandis que nous naviguions au reaching dans des conditions éprouvantes pour les organismes, nous aurions volontiers fait le serment de raccrocher les cirés et de nous adonner au curling dès notre arrivée. Combien de fois les marins se sont promis de ne plus s'exposer à des moments aussi difficiles? Combien ont continué à naviguer? Tous! Mais pourquoi? Sommes-nous des masochistes? Sûrement un peu comme tous les passionnés... Une nuit au clair de lune avec le bateau qui glisse dans les vagues fait tout oublier, le pouvoir d'abstraction des marins est immense. Déjà, nous ne retenons que les moments privilégiés. À l'arrivée dans quelques heures, nous aurons même définitivement oublié les moments difficiles et nous naviguerons encore et toujours, enrichis d'une nouvelle expérience et d'une connaissance approfondie dans la cyclogenèse des dépressions!


    Bravo à Miranda, Halvard et Christian qui ont navigué parfaitement en démontrant, si besoin était, qu'au large l'expérience est un atout déterminant.
     


    07h40, 01h40, 3 août 2012 - Robert Patenaude - Persévérance (56)
     


    Bonjour de la part des « traineux» de la fin de peloton!

    Nous avançons assez bien soit 11-12 knts dans de la grosse vague bien formée.
    Le bateau commence à être humide. Même en gardant les impers dans la section toilette, tout le bateau est mouillé.

    Les super pains de « la boîte à pain » ont rendu la croûte ce matin, l'humidité les a attaqués, on mange tout de même la mie qui se conserve plus longtemps.

    Nous ne souffrons pas trop du froid, quelques ecchymoses aux jambes et aux bras suite a des chutes, rien de grave. Tom a failli être brûlé par un chaudron d'eau bouillante qui a basculé à quelques centimètres de ses jambes, heureusement!!!

    Antoine adore ce Pogo 40 qu'il fait de plus en plus surfer au-delà de 16 knts! ce qui augure bien pour l'avenir.
    Nous pensons arriver à St-Malo en 15 jours ce qui sera un record personnel.


    Le niveau des marins de cette TQSM est exceptionnel, les marins font de la magie avec leur bateau. Je pense a Halvard bien entendu, mais aussi a J-Jacques et Anna sur Sevenstar (voilier jumeau du mien) de Éric, Damien,  Alain et Philippe sur Bleu, lâchez  pas les gars! Et de mes amis sur Avis Immmobilier, qui m’attendront sûrement à l’« hôtel de l’univers » tel que prévu pur une bonne bière froide.

    robert xx
     


    02h21, 20h21, 3 août 2012 - Salvatore Iannello - Transport COHERENCE (17)
     

    He bien, voilà enfin l'image de l'Atlantique que j'attendais : de grandes vagues, partout à l'horizon, la mousse blanche sur ses crêtes. Elle nous montre un petit exemple de sa force et de Sa Majesté. Elle nous dit : « hein toi, le petit humain, n'oublie pas la valeur d'humilité, tu es tout petit sur cette planète!»

    Houlala, le stress, ça crie derrière, je vous laisse, la bastaque vient de casser...

    Me revoilà, bilan : trinquette déchirée, nous avions déjà explosé nos deux spis et le cote 0, bref il nous reste, tourmentin, GV et grand spi! Et nous aurions pu perdre notre mât!

    Je suis marin-plaisancier. Certes, j'aime équilibrer mon bateau et le faire marcher. La grande différence avec la course, c'est qu'ici on pousse le bateau à ses limites, tout le temps! Nous sommes un équipage de 4 dont 2 sont de vieux loups de mer de la course : Benoît et Christophe.

    Depuis le départ, nous avons cumulé les avaries : plusieurs voiles explosées et un safran qui se fissurait. En sortant de l'embouchure du St-Laurent, nous étions 13es et proches du peloton de tête. L'Atlantique devant nous, tout était jouable. Constatant alors l'avarie sur le safran, nous avons du nous arrêter à St-Pierre environ 12 h. Ensuite, alors que les autres bénéficiaient de vent sud-ouest, donc portant, nous, on a eu le sud-est. Plusieurs jours très très inconfortables et moins rapides. Ce qui a aggravé notre retard.

    Aujourd'hui, nous avons malgré tout rejoint quelques concurrents et sommes 18e à 17 milles du 17e. C'est pas mal, vu le nombre d'avaries et le fait que nous naviguons sous-toilés (puisque nos voiles sont hors d'usage).

    La dernière avarie que nous venons de vivre en « life» risque de nous ralentir encore. On va essayer de réparer la trinquette. Évidemment, la bastaque a été refixée en priorité!

    À  part cela, le plaisancier contemplateur que je suis, s'est régalé : baleines, bélugas, dauphins, jolis paysages le long du St-Laurent, brume de Terre-Neuve, lever et coucher de soleil.... une jolie aventure d'homme avec d'un côté la nature et de l'autre un bateau.

    J'oubliais un truc : j'adore le Québec. Je suis belge, plus exactement, je proviens de Liège. J'ai ressenti dans cette ville la même convivialité et envie de faire la fête que chez moi. J'aime cette atmosphère cool et cette

    culture atypique pas vraiment anglo-saxonne et encore tellement française. J'y retournerai, c'est sûr

     

  • 2 août

    * Pour ne rien perdre de l’intensité de ce que vivent les équipages et pour respecter l’esprit « international » de la Transat, les textes sont publiés dans leur langue originale
     

     

    16h07, 22h07, 2 août 2012 - Mabire et Merron - Campagne de France


    Bonjour à tous

    Ceci est une histoire vraie. C'est arrivé pas très loin de chez vous, ce matin, à 5h00 GMT, par approximativement 49°27 N et 10°52 W.

    Maître Safran fendait les flots à vive allure, Dame Tortue faisait une petite sieste entre deux eaux.

    Miss Merron était à la barre de Campagne de France, Christian Bouroullec étudiait la carte à la table à carte, Halvard était en pleine réflexion stratégique dans la banette...

    Tout à coup ...

    Énorme choc...

    Maître Safran heurte Dame Tortue !

    Miranda regarde aussitôt derrière et Christian bondit dans le cockpit pour apercevoir le même spectacle incroyable : une tortue géante quatre fers en l'air, en train de griffer l'air désespérement, sa carapace lui tenant lieu momentanément de radeau de survie.

    Pas le temps pour une étude plus approfondie de la faune. La barre est bloquée et nous sommes sous spi, à vive allure qui plus est.

    Lorsque Christian et Miranda me disent que nous venons de heurter une tortue géante et que nous avons un problème de barre, ma première pensée est qu'ils ont fumé la moquette. Une tortue géante au Large de la Bretagne.....!?!? Mais je connais assez mes compagnons pour savoir que je peux les croire, d'autant plus que Christian est catégorique, il a vu une tortue géante comme celle là lorsqu'il est allé à Océanopolis, à Brest même. Je lui demande s'il pense que justement elle aurait pu s'échapper de là, il me répond que c'est fort peu probable, car une telle nouvelle serait dans le Télégramme et il le lit tous les jours et n'a rien vu de tel.

    La présence d'une tortue géante (aproximativement 1236.5mm de long) dans les parages relève d'un débat ultérieur, qui intéressera certainement au plus haut point nos amis de la protection de la faune. Il y a plus urgent pour l'instant : arriver à conduire tant bien que mal le bateau et vérifier l'ampleur des dégats.

    Heureusement, nos barres solidement construite en aluminium par le Chantier Gilles Voisin dans le Cotentin, sont aussi costaudes qu'elles sont légères et nous voici armés d'un puissant bras de levier qui permet de bouger les safrans, degrés par degrés et dans des couinements bien peu mécaniques.

    L'état des lieux révèle une mêche de safran tordue, mais pas de voie d'eau. Nous nous en tirons pas trop mal, vu l'ampleur du choc.

    Par contre, finie la conduite délicate et tout en finesse. Finie la recherche de la trajectoire parfaite pour rechercher la glisse optimale. Finii les quelques dixièmes de noeuds, voire même noeuds complets, que nous pouvions aller chercher grâce à un bon toucher de barre.

    Nous passons du pilotage de Formule1 à celui de char d'assault. Remarque,  moi je dis ça mais je n'ai jamais conduit ni de Formule1 ni de char d'assault, pas même un vulgaire Shermann, qui n'est d'ailleurs pas ma marque préférée. J'essaye juste d'imaginer une comparaison pour tenter d'expliquer... Conduire CAMPAGNE DE FRANCE relève maintenant du tour de force. Le safran tordu touche sur la coque et c'est à deux mains qu'il faut pousser/tirer, tels des galériens suant sur le bois mort. L'idée est de continuer comme ça, vaille que vaille, et de pousser l'étrave vesr Saint Malo. Pour arranger le tout, nous avons une bande de fous furieux aux fesses, qui ne pensent qu'à mettre MARE avant nous dans l'écluse du bassin Vauban. C'est pas croyable ce que la saison touristique peut rendre les gens pressés. Il y a de la place pour tout le monde à Saint Malo; Ce sera dans l'ordre d'arrivée, voilà tout. Et cet ordre, nous ne le connaitrons qu'une fois la ligne d'arrivée franchie, comme à chaque course.

    Bonsoir à tous et peut-être à demain, pour ceux qui veulent.

    Campagne de France, en MANCHE (Home, sweet home)


    13h00, 2 août 2012 - Christophe Coatnoan - Partouche (113)
     

    OK, z'avez voulu faire de la course au large, v'là de la course au large : 35 à 40 noeuds de vent, rafales supérieures à 45 une belle mer, blanchie, bien démontée comme il faut, et votre bateau lancé dans des surfs hystériques - 25,7 noeuds, record à battre...

    La tension est montée d'un cran par ici. D'abord quand vous regardez le visage des équipiers observant la mer par la descente : fascinés et un chouia inquiet, quand même. Ensuite quand vous les regardez s'agripper à ce qu'ils trouvent quand Partouche se lance en rebondissant dans un long surf qui semble ne pas avoir de fin. Au fur et à mesure, vous pouvez voir leur tête rentrer dans leurs épaules...

    Au milieu de tout ça - qui dure depuis cette nuit, quand même - il a fallu enquiller un empannage. Lequel s'est déroulé sans soucis majeurs ce matin, mais comme on est gourmands, on s'en est rajouté un au programme, tout à fait involontaire, celui-là. Une rafale à 47 noeuds, le bateau qui part au lof, le pilote qui fait bip-bip-bip, à peine le temps de sortir que le bateau part à l'abattée et c'est parti pour un « empannage chinois ». GV dans les bastaques, voiles attachés sur le pont passé de l'autre côté de la filière... Un beau vrac vite remis d'aplomb et Partrouche a repris sa folle chevauchée dans la cartouche (ah, tiens, depuis le temps que j'essayais de la placer celle-là, c'est fait !).

    Pour le reste, l'équipage va bien. On vit un peu comme des reclus dans une grotte humide et secouée en permanence, mais on recèle tous des capacités d'adaptation insoupçonnées. Et la proximité de l'arrivée facilite les choses. Pour ce soir, Jean-Philippe nous a promis un riz aux oignons et à la tomate, histoire de changer des lyophals. Vous n'avez pas idée du choc que cela peut produire sur nous : on a l'impression de sortir en ville !

    A+

    PYL

     


    12h46, 2 août 2012 - Georges Leblanc - Océan Phénix (8)
     

    Par une mer formée, OCÉAN PHÉNIX tire un bord au sud-est afin de contourner le centre de la dépression qui se situe à proximité de l'Irlande. 

    La nuit passée s'est agréablement déroulée. Nous admirions les vagues qui étaient illuminées par la pleine lune. Par la suite, nous avons eu droit à un super lever de soleil rouge!

    Le voilier tangue sur les longues vagues. Le mot d'ordre: être attaché en tout temps et une main pour le bateau et l'autre pour soi!

     

     

    6h41, 2 août – Jacques Fournier – Groupe Picoty (85)

     

    Whaou!!! Quelle  nuit !

    On s'attendait à une nuit difficile et bien nous avons été servis. Vent de 40 nœuds, très grosse mer. La garde robe est descendue progressivement avec affalage du code 5 par 32 nœuds de vent en début de nuit. Ce fut une première difficulté avec un enroulement difficile et un affalage au forceps direct dans la cabine avant. Remplacement par code O, puis affalage code 0 remplacé par solent. Puis ensuite prise de 3 ris dans  la grand voile.

    La plus grosse difficulté fût l'empannage par 40 nœuds de vent. C'est très violent et très risqué pour le matériel. Difficile  a la barre de tenir sa route tant la mer présentait des talus à franchir secouant   bateau et équipage dans tout les axes. L'humidité est maxi avec un torrent de vagues se déversant dans le cockpit. J’ai pour ma part (Jack)  revêtu ma combinaison de survie pour barrer. Ce n’est pas très esthétique mais plus confortable.

    Évidemment très peu de sommeil et ce matin, nous sommes un peu dans  le rouge.

    Petit visite dans le mât de JC ce matin pour évacuer un morceau de notre latte de GV cassé depuis St Pierre et Miquelon qui risquait d'abimer le mât et faire difficulté pour lâcher les ris de GV. Ce matin, la mer est toujours grosse avec un vent retombant à 30 nœuds.

    La bagarre est toujours intense et le moindre relâchement se traduit à chaque classement  par des milles perdus ou  gagner. A tout les niveaux de la course, des combats intenses se livrent pour une place au classement.

    C'est vraiment chaud.

    Bises de l'équipage

    Kali, JC, Jack

     

    3h44, 2 août – Jörg Riechers - Mare (115)

     

     

    So, our gybe went very well yesterday evening.  We ended up with lots of wind and a good angle on starboard gybe, and have been doing well ever since.  Everyone was anxiously awaiting the position report this morning, and now an air of calm has setthes over the boat, the only objective now to go as fast as possible in this drag race to the finish.

    We remain the most northerly boat; something that suprises us, we would have thought that Campagne de France would have gybed on our line.  We did have the luxury of choosing when to gybe, and did so just after the last position report of the evening, giving us 8 hours of freedom.

    We certainly hope that he has to soak, thereby slowing, or even better has to gybe, giving us all the more distance.

    All this being said, they are sailing a great race, are still ahead, and this will not be over till we cross the line. 

     

    2h12, 2 août – Erik Nigon – Vers un monde sans SIDA (56)

     

    Mano a mano - glisse contre glisse

    Depuis le passage du Fastnet, nous avons engagé une course de vitesse avec Défi Saint-Malo Agglo. Sur la papier, il n'y a pas photo. Le 60 pied de Gilles est plus rapide avec sa longueur et sa hauteur supplémentaires (et le même poids pour 3 m de plus!). Mais notre avantage est de pouvoir être au maximum en permanence sur le voilier au ruban rouge et on se bat mètre par mètre, comptez sur nous pour ne rien lâcher!

    Sur les 50 premiers milles, on a résisté mais avec toute la toile, Gilles est repassé et a créé un écart même si nous le voyons toujours.

    Alors on attaque en loffant un peu plus pour créer du latéral quitte à passer à l'extérieur des iles Scilly qui marquent l’entrée en Manche. On va voir si Gilles prend le risque de nous voir partir sur une option.

    Il nous reste un peu plus de 250 milles pour faire fumer la mer et on essaie de ne pas descendre sous les 20 nœuds au compteur.

    Si on arrive à maintenir le rythme et que le vent se maintient, on pourrait arriver sur les 12 coups de minuit soit 24h pour faire Fastnet - Saint Malo.

    On se régale, on en profite, on vous embrasse. La vie est belle comme celles que nous allons retrouver cette nuit à Saint Malo après un peu plus de 11 jours de mer.

    A très bientôt

    L'équipage de vers un monde sans SIDA 


    5h00, 2 août 2012 - Simon Boivin - Journaliste du journal Le Soleil - EDF Energies Nouvelles
     

    Une fois, parti en mer pour une expédition de 20 jours, notre skipper David Augeix n'avait apporté des vivres que pour 10 jours. Et ne s'en était aperçu qu'après cinq...Lire la suite

     

     

  • 1er août

    * Pour ne rien perdre de l’intensité de ce que vivent les équipages et pour respecter l’esprit « international » de la Transat, les textes sont publiés dans leur langue originale
     


    14h29, 1er août 2012 - Jorg Riechers - Mare (115)
     

    So one of the most agonising and stressful decisions abord is when to gybe when you are sailing these low pressure systems.  Too far and you give away distance, not far enough and you have to soak and therefore lose speed. 

    We are very near the gybe point, trying to cut it a little to make up miles on Campagne de France, as we have already got a great wind angle:  Or did;  as I write this we have just been blanketed by not one but three squalls, which destroy the wind flow and most importantly the direction. 

    Should ze go now?  should we go in 30 minutes?  One hour?  We are all agonising......

    Luckily it will probably be just after the position report, so we will have a slight suprise factor...

    We will know about halfway to the finish whether we have made the right move....

    R

     


    13h16, 1er août 2012 - Benoit Parnaudeau - Transport COHERENCE (17)
     


    Après un long bord vent de travers la houle a commencé à nous être favorable.

    Hier après midi le vent était très instable en force et direction mais dans l'ensemble il adonnait (il s'écartait du nez du bateau). Après la tombée de la nuit, le vent s'est installé au NW et nous avons pu envoyer le spi. Depuis ça déboule, un gars à la barre, un à l'écoute de spi et roule, à chaque vague le bateau accélère et part dans des surfs de folie, gare aux écarts de route.

    Vent de travers nous avions remonté le safran au vent. Le safran qui travaillait était celui réparé à St Pierre donc à priori la réparation tient. Quand nous avons envoyé le spi nous avons laissé le safran remonté du coup le bateau au portant c'est une vrai savonnette. Chaud chaud chaud, au dessus de 15nds le barreur ne peut rien faire, pas très rassurant. Aller on affale, on remet le safran et on renvoie. Yes ça déboule Transport COHERENCE glisse ses 15 nds et surf à 20. Et pendant que j'écris blingue, l'anneau entre le bout dehors et le sous barbe glisse, le bout dehors se retrouve avec le balcon à 3 mètres de haut. Oh choque, choque allez on affale. On repart : défaire tous les noeuds, mettre des brailous à droite a gauche, c'est bon tout est en place, allez on renvoie la toile.

    Vroom, ça roule, et le vent monte, 30 nds, surf à plus de 20 nds ça le fait 35 nds, alors là c'est plus un bateau mais un sous marin, bon on va réduire, y'a qu'à prendre un ris dans le spi. On affale, on prépare et zut le zip pour le ris, il est parti, allez démonte toutes les fermetures éclaires qu'il y a à bord, oui celle là, c'est le sac de fringue à qui ? C'est bon le ris est pris. On renvoie, mais à peine en place aller savoir pourquoi le spi s'ouvre en deux, zut et rezut, allez on affale. Vu que le code 5 avait déjà explosé avant St Pierre et qu'on ne va pas s'énerver avec le grand spi il nous reste que le code 0. Allez on renvoie, évidemment le vent molli, on retrouve nos 11 nds de vitesse, on a l'impression de se trainer. Que d'énergie pour en arriver là, bah au moins on aura fait un peu de sport...

    Et ce n’est pas fini, au programme ménage, atelier voilerie, et on renvoie de la toile bon sang !

    Bises a+ de l'équipage

     


    12h45, 1er août 2012 - Halvard Mabire - Campagne de France (101)
     

    Bonjour à tous

    Nous approchons petit à petit des côtes bretonnes et normandes, ça commence à sentir l'écurie.

    Désolé pour le peu de news, mais nous étions légèrement occupés avec des activités de plein air diverses ces deniers temps et nous avions peu de disponibilités pour le bureau.

    La route est encore longue d'ici l'arrivée et il peut se passer bien des choses. Nous allons retrouver nos grandes marées et leur lot de courants, nos chers cailloux et pour finir cette bonne vieille citée corsaire de Saint Malo.

    500 milles, ce n'est pas énorme à l'échelle d'une Transat, mais c'est quand même presque un Fastnet. Donc la course est loin d'être finie.

    D'ailleurs j'y retourne et nous vous en raconterons plus à l'arrivée. Promis...

    CAMPAGNE DE FRANCE

     


    12h38, 1er août 2012 - Christophe Coatnoan - Partouche (113)
     

    Oui, c'est ce qu'on se disait, voilà quelques minutes à la relève de quart : grand ciel bleu, la cavalcade sous gennak (envoyé hier soir, finalement) un peu moins intense à la faveur d'une molle temporaire, et voilà tout l'équipage réuni autour d'un plat de pâtes au soleil - ce qui nous change des lyophals avalés en ciré à la lueur de la frontale...

    Un répit bienvenu : comme pour le reste de la flotte, à bord de Partouche, ça tape, ça roule, ça tangue, ça surfe, bref, ça dépote vers Saint-Malo et ça n'est pas fini. Le vent vient ainsi de remonter au-dessus de 25 noeuds. Notre problématique à nous est de préserver le dernier spi (le petit) qui nous reste pour le finish en Manche. Et de bien choisir, comme tt le monde, le timing de l'empannage final vers la maison, qui promet d'être sportif.

    Pour le reste, on profite du spectacle grandiose de l'océan, le Grand Océan. Du lever au coucher du soleil, c'est un privilège rare que de venir jouer au milieu de ces éléments. Et la nuit… La nuit confine au sublime : pas besoin de frontale, vous naviguez sous la pleine lune qui joue avec les nuages et les vagues. Et je vais vous dire : les tickets pour ce show-là ne se trouvent pas au marché noir. Faut juste venir les chercher sur place...

    A+

    PYL

     

    NB : by the way, gardez-moi donc un flacon du lait normand avec lequel Halvard Mabire a été élevé, ça m'intéresse pour plus tard...

     


    12h09, 1er août 2012 - Georges Leblanc - Océan Phénix (8)
     

    Bonjour à  vous de la part de tout l'équipage de l'OCÉAN PHÉNIX.

    OCÉAN PHÉNIX se dirige vers la porte de la Manche et espère des vents forcissant afin d'allonger la foulée pour les 750 milles restants.  Fort heureusement, les prévisions favorisent une bonne vitesse malgré la voilure utilisée. 

    Tout se passe bien à bord, si bien qu'on en perd la notion du temps!  C'est le type de repas qui nous donne un indice sur le moment de la journée.  L'équipage fonctionne tel un métronome 3 heures de repos, trois heures de navigation et un repas: déjeuner, diner, souper, collation, collation et collation.

    Georges

     


    11h19, 1er août 2012 - Jacques Fournier - Groupe Picoty (85)
     

    Journée H-3

    C'est une arrivée  samedi à l'aube que nous programme notre routage.

    Avant cela, il va falloir se coltiner le sud d'une dépression à  partir de cette nuit et la journée de demain. Actuellement, bâbord amure, nous allons empanner à l'aube demain matin pour un long bord Tribord jusqu'à l'arrivée.

    Après cet après midi de transition où la mer s'est assagie, les heures à venir seront plus toniques et musclées. À l'exception de notre corne de grand voile qui part en lambeaux, aucun incident si ce n'est notre déssalinisateur qui est en délicatesse et donc, restriction momentanée nous l'espérons sur l'eau. Heureusement avec quelques sachets de riz précuits nous avons, à ce jour, limité la  consommation. Il nous reste quelques litres de sécurité le cas où, mais interdit de l'utiliser sauf pénalité.

    Enfin nous escomptons sur notre option nord pour grignoter encore une ou deux places. Après, sauf retournement de prévisions, les carottes sont un peu cuites. On s'accroche cependant, car un petit phénomène météo local complice près des côtes est toujours possible. L'humidité est toujours là et l’on n’ose pas ouvrir les cirés de peur de s'incommoder soit même. Voilà 6 jours que nous sommes dans le même jus, car nous n'étions partis qu'avec 2 changes et il faudra aller au bout comme cela. Sinon l'équipage est en forme et la machine à café est devenu le point de rendez vous très fréquents  avec des débats du type: « j'peux pas le dire, mais..... »

     Bises à tous Le team Picoty,-lac de Vassivière-Dekra Kali-JC-jack

     


    9h54, 1er août 2012 - Aurélien Ducroz - Latitude neige Longitude mer (30)
     

    Nous avons finalement réussi à enlever le safran avant qu’il n’arrache le tableau arrière!!!!!

    Maintenant, c’est comme skier sur une jambe, ce n’est pas facile, mais avec de l’entraînement ça marche!!!!!

    À plus tard

     


    9h49, 1er août - Stphane Le Diraison - IXBlue (109)
     

    On a tous croisé un jour au hasard d'une rue notre vieille maîtresse de primaire, son regard emprunt de curiosité, soulignant avec une certaine fierté qu'elle nous a vus grandir !

    Eh bien voyez-vous, c'est ce même sentiment qui nous anime aujourd'hui tandis que nous approchons du centre de la dépression ! Pour mémo, petits veinards que nous sommes, nous assistions à la naissance d'un minimum dépressionnaire au passage de Terre-Neuve. La dépression se déplaçait alors vers l'est en se creusant, occupant bientôt la quasi-totalité de l'Atlantique nord.

    Nous qui rêvions d'accalmie et de soleil, nous devons encore négocier cet individu météorologique désormais stationnaire au large de l'Irlande. Les gribs stéréotypés nous indiquent inlassablement des vents forts et une fin de course musclée. Nous avons sorti notre plus beau spi pour tenter de l'amadouer. Gageons qu'elle fera preuve de clémence et qu'elle nous ménagera quelques instants de répit.

    Nous abordons la fin de la course sous les meilleurs hospices, nous venons de le lire dans les entrailles de notre dernière sardine en boite !

     

     

    8h, 1er août – Erik Nigon – Vers un monde sans SIDA (56)
     


    Et ça glisse à nouveau!

    La nuit a été chaude comme prévu... on a complètement descendu la grand voile de 23h à 9h du matin. Il y avait 35 à 42 noeuds en permanence et pas mal de séquences au dessus de 45 noeuds avec des grains chauds bouillants.

    Devant on avait l'ORC ou la trinquette dans les molles.

    La mer était bien grosse, quelques vagues ont éjecté le barreur (mais on était attaché, donc pas de risque de se retrouver à l'eau) de sa place dans le cockpit, et d'autres ont pris le trimaran sur le travers arrière ce qui nous a valu quelques équilibres impressionnants sur la tranche. On a retrouvé des sensations de gite comme en monocoque!  

    Ce n'était pas la décontraction habituelle et il y avait moins de monde pour prendre la barre et faire le numéro d'équilibriste...

    Il n'y a pas eu de risque majeur de se retourner, car sans grand voile, seules les vagues peuvent le faire et elles n'étaient pas assez hautes pour cela (mais bien assez pour faire des surfs à plus de 20 noeuds avec arrêt buffet en rattrapant la vague de devant).

    Par contre le flotteur au vent a tapé très fort à de nombreuses reprises en sortie de vague et je suis content d'avoir un bateau robuste et qui absorbe bien les chocs!

    Pas de casse, juste des sacs à bout de trampoline explosés, des voiles d'avant qui ont vieilli pas mal d'un coup et l'intérieur du bateau trempé y compris la couchette arrière, et on a donc sorti les couvertures de survie pour se garder au chaud pendant les phases de repos.

    Donc bilan positif, car on prend plus d'expérience et de confiance dans le bateau dans des conditions extrêmes mais je préfère prendre ces conditions en équipage qu'en solo...

    Depuis la fin de matinée le soleil est de retour, on a 22 à 27 noeuds de vent et on a tout renvoyé.

    La parenthèse est finie, on va donc cravacher pour reprendre notre seconde place. Il reste 500 milles : 140 pour le Fastnet et on tourne a droite pour un grand bord de glisse qui nous amènera à Saint-Malo dans la nuit de jeudi à vendredi.

    La mer va fumer, on va se faire un dernier grand plaisir au maximum du voiler au ruban rouge!

    Vous pouvez commencer à mettre les bières au frais!

    Au surf vers un monde sans sida, les gars on a bu de l'eau de mer pour vous cette nuit mais le combat en vaut la peine!


    5h00, 1er août 2012 - Simon Boivin - Journaliste du journal Le Soleil - EDF Energies Nouvelles
     

    David Augeix était furax, la nuit dernière, quand il a frappé du poing dans un hublot. Nous venions de passer à un cheveu de perdre le mât... Lire la suite

     

     

  • 31 juillet

    * Pour ne rien perdre de l’intensité de ce que vivent les équipages et pour respecter l’esprit « international » de la Transat, les textes sont publiés dans leur langue originale

     

    23h10, 31 juillet – Robert Patenaude – Persévérance (56)

     

    Nous avions espoir de poursuivre notre route juste derrière la dépression, mais la dorsale de l'anticyclone nous a rejoints. On fera donc de notre mieux pour poursuivre la route vers la dépression qui se stationne près de l'Irlande, ce qui devrait nous avantager!
    Cette nuit, pendant mon quart, j'ai été accompagné par un banc de petites baleines, puis par des dauphins qui sautaient tout autour du bateau. J'ai même reçu à plusieurs reprises l'embrun de leurs plongeons tout près du cockpit. Ils ont fait leurs pitreries pendant au moins 2 heures!
    Tom et Antoine vont bien. Nous avons pris le rythme de la mer et des quarts. Antoine a hâte de lancer des spis vers le ciel, mais nous sommes condamnés aux vents de travers encore pendant quelques jours.
    En ce qui concerne le bateau, la drisse de grande voile tient le coup, heureusement! Tout fonctionne bien, reste à venir un vent plus fort et plus soutenu.
    Nous profitons de chaque moment.
    Robert

     

    17h34, 31 juillet -  Aurélien Ducroz - Latitude neige Longitude mer  (30)

     

    Nous venons de nous apercevoir que nous sommes en train de perdre le safran tribord du bateau. L’axe du safran est sorti et c’est tordu. Il nous est maintenant impossible de le remettre en place ou de le remplacer. La ferrure du safran est progressivement en train de s’arracher du tableau arrière. Nous faisons route vers la Bretagne à allure réduite en espérant que le safran tienne le plus longtemps possible.

    Malgré cette nouvelle avarie nous faisons tous pour rejoindre la ligne d’arrivée!

    L’ambiance à bord a pris un gros coup, malgré les problèmes rencontrés ces derniers jours nous nous battions pour réussir au mieux cette transat.

    L’objectif a bien changé maintenant, nous essayons de ramener le bateau!

    Aurélien

     

    15h39 – 21h39, 31 juillet – Aloys Le Claquin – Jack in the box
     

     

    Salut, et bien comme les autres on du vous le dire ce petit sejour en thalasso est fort sympathique ! Avec Pauline et Bernadette (?) on joue aux cartes en se faisant asperger de jets d'eau de mer ! C'est délicieux ! Bon, je ne vous cache pas que le service laisse un peu à désirer, mais le cadre est si beau…! Hier on a même vu des nuages bleus...

    Aller j'y retourne j'ai une séance de bain de pied…

    Arlette de la thalasso Mid Atlanctic Ridge, chambre 104.
     

     

    15h25 / 21h25, 31 juillet – Georges Leblanc – Océan Phénix
     

     

    Bonjour!

    Voici pour aujourd'hui une communication pour la Transat Québec Saint-Malo.

    L'équipage d’Océan Phénix se porte bien, la vie à bord est douce. Notre progression n’est pas si mal, vu le fait que les protections au pont avant (balcon avant et filières) inadéquates rendent les  manœuvres trop acrobatiques;  l'usage des spis est encore retardée. Avec les voiles pouvant être utilisées, nous espérons des vents de 25 nœuds afin de pouvoir se démarquer.

    Georges Leblanc
     


    13h00 / 19h00, 31 juillet – Merron et Mabire – Campagne de France
     

    More on life on board a Class40 heading at high speed down / across/ through waves. All non-essential activities have been cancelled for the foreseeable future. All crew members in full battle dress (foul weather gear, boots, lifejackets/ harnesses), ready for immediate action should the spinnaker need to be removed in  a hurry. Not because of the wind, but because of the sea state. Need bigger rudders! Two hands required for simply moving around. It's noisy at 18 knots boat speed, the keel sings, and the boat is bouncing on the water. Sometimes under water too. Luckily it isn't cold because it is extremely wet..

    Conversely, making tea is relatively easy and safe - it's quite alright to accidentally pour boiling water over protective clothing! Keeping tea in the mug a bi more challenging though. Only another how many more miles of this??? We are about to pass the 800 mile mark to our waypoint at Brehat. This is a part of the world we haven’t seen since last August.

    Campagne de France

     


    12h56 / 18h56, 31 juillet – Erik Nigon – Vers un monde sans SIDA
     

    Y a du soleil!

    Grand bonheur dans nos petites misères de gros temps, on a retrouvé le soleil! En fait depuis que l'on est parti de Québec il y 9 jours on a eu un temps magnifique les deux premiers jours puis, nous avons eu une demi journée avec un peu de ciel bleu après le passage dans le brouillard de Saint-Pierre et enfin, la première demi journée de pétole au milieu de l'atlantique. Va falloir qu'on refasse le plein à Saint-Malo! On a pu tester aussi les tenues d'hiver, car on est sous cirée et plus souvent combinaison sèche depuis le Saint-Laurent (Matane) et sous les cirées les polaires : 2 ou 3 couches jour et nuit. Coté soins du visage on a un shampoing à gogo avec l’eau salée, l’eau douce et brumisateur genre lance à incendie ou seau d'eau dans les moments calmes! Ce qui est différent dans le trimaran, c'est qu'il y a des machins genre bras de liaison vers les flotteurs qui font de parfait écrans pour retourner les vagues vers l'intérieur du bateau...et on est attaqué par les seaux d'eau de partout.

    On va avoir du mauvais temps jusqu'au Fastnet qu'on devrait tourner demain Mercredi en fin de journée. Le fait de contourner le centre de dépression et de ralentir devrait nous permettre de passer le rocher dans 30-35 nœuds et surtout avec une mer tournée ouest-est qui sera beaucoup plus facile à gérer pour faire le tour du cailloux. Nous nous sommes organisés en quarts de 2 + 1 c'est a dire qu'en plus des 2 de quart un troisième reste habillé sur sa couchette pour pouvoir en une minute passer dehors pour aider sur une manœuvre ou un problème. Prendre le troisième ri est plutôt plus simple que les deux premiers car la voile est déjà fortement réduite, sauf qu'on le prend quand il y a 40 nœuds de vent et que notre terrasse subit un tremblement de mer dans le haut de l’échelle de Richter.

    L'ambiance est tendue à bord on sait qu’on a du vent très fort jusqu'à 10h demain matin et notre canote fait petit devant les vagues qui nous poussent. 35 nœuds est une limite au delà de laquelle on serre les fesses car une fois de plus la mer qui est le danger devient très grosse. Faut juste rester concentré et les prendre bien dans l'axe ce qui se complique la nuit.

    Tout déplacement hors du cockpit se fait en harnais (comme là on vient descendre la grand voile pour réparer un chariot) et on va se relayer toutes le heure à la barre.

    Voilà! Les prochaines news quand on sera dans du vent se réduisant et en attendant on ne va rien lâcher à 3 jours de l'arrivée (vendredi).

    Bonne nuit, on ne va pas s'ennuyer de notre coté

    Amitiés de "Vers un monde sans sida" 


    11h56, 31 juillet – Jacques Fournier – Groupe Picoty (85)
     

    Piste à bosses jusqu'à Saint-Malo

    Ça fume et ça envoie du pâté. Cette glissade va persister jusqu'à Saint-Malo et bien éprouver les équipages. Finalement, où est l'été et son bon anticyclone? L'été québécois était plus agréable. Nous voilà donc à poursuivre une dépression qui va nous porter au sud-ouest de l'Irlande et sa petite sœur qui va nous accompagner jusqu'à l'entrée de la Manche. C'est baston garanti pour 3 jours et donc des conditions de vie difficiles. Grosse consolation : c'est portant et donc rapide et assez euphorisant! L'interrogation est entre laisser porter et descendre sur la route avec le genaker, ou garder une route nord plus lente de 1 à 2 nœuds, mais garder notre option nord de la flotte.

    Le troisième élément est celui d'éviter une surexposition à la casse mécanique. Un petit contrôle de routine de JC ce matin dans le caisson arrière, lui a permis de découvrir que la liaison pilote-barre se désaccouplait. Good job JC! Pour l'ambiance, pointe à 25,1 noeuds GPS en rédigeant ces lignes. Le jeune homme vient de se réveiller  et donc, désolé, mais il exige ses tartines grillées.

    Très bonne d’ailleurs ces tartines, pas une exigence mais une complicité d’équipage dirai- je. C’est sûr ça va vite, un peu humide l’histoire, les vitesses sont rapides pour tout le monde. On est 10 bateau en 50 milles après 10 jours de course, si tu fais 5 ou 15 simples calculs, tout peut arriver, surtout dans ces conditions ou en 2 secondes tu peux passer d’un surf de folie à la casse sur un départ au tas, bref c’est ça être sur le fil de la lame , jolie spectacle que cette mer bien formée avec laquelle on avance, surf comme à la plage sauf qu’avant d’arriver à la plage, ça va prendre quelques jours.

    Concentré tout en essayant de se reposer pour garder cette lucidité pour anticiper tout ça, c’est ce que l’on essaye de faire.

    Bientôt la nuit, jetez un petit coup d’œil en haut ce soir, elle est magnifique et toute de blanche vêtue, regardez la bien vous y verrez plein de choses des bises salées de ce bel océan.

     


    11h36, 31 juillet – Christophe Coatnoan – Partouche (113)
     

    En ce dixième jour de course, la fatigue se fait sentir et se lit sur les visages.

     

    Avec de prochaines journées marquées du sceau de la brise, qui devrait se renforcer jusqu'à un empannage qui s'annonce chaud avec 35 noeuds de vent fichier à l'approche du plateau continental, l'équipage a préféré calmer le jeu : pas de gennaker cet après-midi. Les 25 à 30 noeuds de vent déjà établis et la mer qui grossit petit à petit - et déjà très croisée- nous suffisent. Et Partouche file ses 12 noeuds de moyenne sous le soleil, GV 1 ris et solent.

     

    Quantité de petits pépins techniques viennent aussi réfréner nos ardeurs. Rien de vraiment grave, mais l'accumulation n'encourage pas à jouer les semelles de plomb. Saint-Malo est encore à plus de 1 000 milles.

     


    11h01, 31 juillet – David Augeix – EDF Energies Nouvelles (45)
     

    Bang ! Un coup de feu dans la nuit.

    L'émerillon supérieur de l'étai a lâché (nous avons un solent monté sur emmagasineur). Dommage, on cravachait bien, dans une mer formée mais ordonnée, en 10ème place depuis 1 jour, en bagarre avec Sevenstar. Salut Jean-Edouard, désormais tu feras la route un peu plus seul, je vais être obligé de lever le pied, ballot hein? On se battait bien. Pour l'instant le mât tient avec les drisses de spi et le bas étai qui était en place au moment de l'accident... Heureusement, sans quoi le mât tombait à l'eau.
    Fâcheux, d'autant plus que cela m'est déjà arrivé sur le Rhum 2010 et que la pièce en question était quasi-neuve... Il faudra expertiser tout ça à terre et trouver une solution définitive. En attendant, on navigue en mode prudence pour ramener tout le monde à terre. On a abattu pour ne pas croiser dans du vent trop fort et de la mer trop formée. Les choix de route se restreignent...

    Mais ça a l'air de tenir "for a while".

     


    10h51, 31 juillet – Benoit Parnaudeau – Transport COHERENCE (17)
     

    Ce matin, nous avons croisé Proximedia dont l’équipage est Belge. Ça tombe bien, il y a un Belge à bord. Du coup, ils se sont parlé à la VHF. Devinez quoi ? Non pas de frites, de bière, à l’arrivée forcément.

    Sinon, ambiance toujours humide à bord avec de l’eau sur le pont dans les fonds et jusqu’au caleçon. Salva est en cuisine mais comme c’est Christophe qui barre ça brasse. Du coup, on ne sait pas trop ce qu’on va manger. Allez ! On ne lâche rien.

    Bises,

    À+

    De l’équipage

     


    10h11, 31 juillet – Halvard Mabire/Miranda Perron - Campagne de France (101)
     

    Conditions are just a little on the wild side, gusts up to 38 knots, small spinnaker and two reefs in the mainsail. Spray flying, boat mostly skimming, sometimes attacking the wave in front. No sensible people in the Class40 fleet!

    Halvard currently tethered to the helm. We will probably leave him there for a while.

    Campagne de France, to the east of the Mid-Atlantic Ridge

     

     

    3h42 / 9h42, 31 juillet – Gilles Lamiré - Défi Saint-Malo Agglo (35) 
     

     

    Tout va bien à bord!

    Le moral est très bon, nous nous bagarrons pour la deuxième place et ne lâcherons rien! Malgré le rapprochement nous ne pouvons voir notre concurrent car il y a beaucoup de mer et de vagues. L'objectif est d'avoir le moins d'écart possible et de réussir à grappiller de l'avance au fur et à mesure sur le deuxième pour prendre cette place. Une dépression en dessous de l'Irlande va arriver, en son cœur, des vents de 50 nœuds!

    L’équipage embrasse tout le monde et espère vous voir nombreux à l'arrivée difficile à prédire mais surement aux alentours du 2 août.
     

     

    3h23 / 9h23, 31 juillet – Jorg Riechers – Mare (115)
     

     

    Nous avons enfin pu trouver le vent de nordouest et nous naviguons sous Code 0 et un ris dans le GV. Nous avons environ 20 noeuds de vent et nous faisons entre 15 et 17 noeuds à 110 twa. Les vagues qui arrivent sur le pont nous rappellent les vidéos de la Volvo Ocean Race et c'est certainement équivalent à ce que j'ai pu voir à bord de l'IMOCA. Notre mission maintenant est de rester avec ce vent pendant qu'il va vers l'est.

    Nous poussons très fort pour rattraper les miles perdus sur Halvard et Miranda. Nous restons conscient qu'il peut y avoir de la casse à n'importe quel moment, qui se rajoute au stress de la navigation à grande vitesse, mais bon, sans ce vent et les vitesses qu'il nous permet, nous n'arriverions jamais à St Malo!

     


    5h00, 31 juillet 2012 - Simon Boivin - Journaliste du journal Le Soleil - EDF Energies Nouvelles
     

    Sur un bateau, vous courez toujours après vos trucs. Où j'ai foutu mes lunettes de soleil? Ma lampe frontale? Ma tuque? Ma fourchette? Pariez que, règle générale, vous retrouverez en premier ce que vous ne cherchiez pas sur le coup... Lire la suite

     

     

  • 30 juillet

    * Pour ne rien perdre de l’intensité de ce que vivent les équipages et pour respecter l’esprit « international » de la Transat, les textes sont publiés dans leur langue originale

     

    15h39 – 21h39, 31 juillet – Aloys Le Claquin – Jack in the box

     

    Salut,

    Et bien, comme les autres on dû vous le dire, ce petit sejour en thalasso est fort sympathique ! Avec Pauline et Bernadette (!!) on joue aux cartes en se faisant asperger de jets d'eau de mer ! C'est délicieux !

    Bon, je ne vous cache pas que le service laisse un peu à désirer, mais le cadre est si beau…! Hier on a même vu des nuages bleus...

    Aller j'y retourne j'ai une séance de bain de pied…

     

    Arlette de la thalasso Mid Atlanctic Ridge, chambre 104.

     

    30 juillet – Gilles Lamiré - Défi Saint-Malo Agglo (35)
     

     

    Retour sur le PC course d'hier soir : Tout va bien à bord du trimaran! L'équipage a pris son rythme et vise la 2nde place. Le trimaran est au coude à coude avec Un monde sans sida, 10 milles nautiques les séparent seulement... Défi St Malo Agglo se prépare à affronter une jolie dépression, en tout cas depuis st Pierre et Miquelon, le vent a toujours été au rendez-vous! Gilles pense arriver en Manche le 1er aout et le 2 à Saint-Malo. Nouveau PC COURSE prévu mercredi 1er à 18h00 au restaurant l'extra-muros.
     

     

    17h56, 30 juillet –  Jacques Fournier - Groupe Picoty  (85)
     

     

    Hello , Bonjour, bonsoir, 

    Au fait quelle heure il-est ? À force de décaler plein Est, j'en perds mon horloge. (mon latin ça fait longtemps !) Peu importe en fait, début de nuit sur Picoty où il fait bon vivre, notre abeille s'amuse avec les vagues, et nous aussi, en fleuretant avec les dauphins et autres oiseaux volants non identifiés de part ma culture pauvre en terme d'identification d'oiseaux; en tout cas ce ne sont pas des Albatros (ça mon coco va falloir encore patienter un peu). 

    Point sur la course :13e, pas facile, mais ces navigateurs de class40 sont bien coriaces et ont l'air de bien tous connaître leur monture après une saison dense. Rien n'est joué comme à chaque fois, d'autant que 10 bateaux se tiennent, alors à bord on y va bon train! Scrutant les classements, qui a été vite moins vite et pourquoi et quel le voile il a etc. au moins à  trois y du débat sympa! Genre café des sports ! 

    À 13h ca sent l’écurie, oui ca c'est sûr et dans tous les sens du terme; humidité quand tu nous tiens! Un class 40, une mobylette ça surf assez bien et je trouve en en toute sécurité. Du fait de leur fabrication, ils sont moins raides qu'un IMOCA ,mais ça envoie  pas mal; et puis la vague que tu prends dans le coin de la figure quand t'es à l'avant du bateau fait toujours autant de bien surtout quand t'es mal réveillé; et oui car on dort ,à trois on dort bien même, je trouve ,les pieds dans les bottes mouillés mais on dort bien. 

    What else ? Et bien justement ! Une machine expresso manuel, non pas celle de George C (le beau gosse, nous on l'a a bord avec JC c'est bien mieux!)et ca je crois que je vais craquer pour mon prochain périple ;je vais investir! Un vrai petit café en terrasse ya pas mieux , surtout quand la vue change tous les jours ,alors au coin de ma véranda (oui j'ai encore réussi à le placer ... une véranda Akena svp, merci, ) je pourrai me faire un petit café en pensant à  Picoty. (Bon  ceux qui ont raté une phrase doivent rien comprendre, pas très grave, y a rien de super important .ou me croire un peu félé) tout ca pour dire qu'en mer, on se fait plaisir même lorsque le classement n'est (pas ecore) à la hauteur de nos espérances!

    Ah excusez moi le classement vient de tomber, alors  je vous paie un café?! 

    Arnaud invité à bord de Picoty par mes compagnons JC & Jack 

    Ps : Bon ca va , on été rapide alors on lâche rien promis.......

     

    15h36, 30 juillet – Louis Duc - Avis Immoblier (47)
     


    10 nds de moyenne depuis notre départ de St-Pierre! Vu les vitesses de la flotte des class40 sur la cartographie du site de la course, ça doit paraître normal! En fait, traverser l'Atlantique comme ça, c'est plutôt assez rare!

    Devant nous, un système dépressionnaire dans l'ouest de l'Irlande va nous permettre de continuer ces vitesses très proches de la route directe! Ça va vite, et ça va encore accélérer!

    On navigue grand-voile 1 ris Solent, dans 20 25 nds au travers, le bateau est sur un rail, rien de compliqué, mais un peu humide... Dehors, le quart de veille prend des sceaux d'eau de mer sur la figure à peu près toute les 30 secondes, c'est la mer qui prend l'homme: c'est la plaisance, c'est le pied!

    Et ça va continuer en s'accélérant demain soir!

    Les routages météos avec les prévisions actuelles nous prévoient une arrivée vendredi soir, mais on sait toujours quand on part, on ne sait jamais quand on arrive...

    Ptit Louis

    Avis Immobilier

     

    14h15, 30 juillet –  Michel Kleinjans – Roaring Forty 2 (107)

     

    Une journée à nouveau mouvementée, ce matin un des équipiers me réveillait.  La GV était descendue toute seule... Après inspection, on se rendait compte que le point fixe d'attache de la drisse est parti. On hisse temporairement la voile avec une drisse de spi et on me hisse dans le mat. Avec je dois le dire un peu d'effort et quelques contacts moins agréables avec le mat, j'arrive en tête de mat pour constater que l'axe qui tient la drisse en haut est parti, donc pas facile à refaire en mer, surtout pas par 25nouds de vent et mer un peu désordonnée. On décide de continuer avec la drisse de spi que l'on va tout de même moufler et espérons que cela tient jusqu'à ça se calme, mais le problème est que c'est littéralement pas pour demain!

    Entre-temps on voit apparaitre à l’horizon Comiris, rassemblement sur le pont et grand temps de hisser le code 5. Pour le moment tout tient et Bouchard reste à coté de nous. Maintenant encore essayer d'aller un peu plus vite que lui, tous ces fanatiques de vitesse dans le coin, ça force à pousser, espérons pas trop!

    À plus

    Michel 


    13h15, 30 juillet 2012 – Robert Patenaude - Persévérance (56)
     

    Bonjour tout le monde,
    Nous sommes au milieu de l'Atlantique. Le vent est du nord ouest à 25 knts, frais et vivifiant.
    Nous sommes en queue de peloton, mais nous ne nous laissons pas abattre, car on est enfin libéré d'un contre courant de 3 knts et nous filons à plus de 10-12 knts vers St Malo. Si nous gardons un rythme de plus de 200 mn par jour, nous nous faufilerons entre une haute pression venant de l'ouest et une dépression qui sera stationnaire sur l'Angleterre. On pourrait ainsi arriver à St-Malo dans les meilleurs temps que j'avais prévu, soit 16 jours!! Première victoire pour notre équipe d'amateurs!!
    Nous sommes heureux et satisfait de notre performance. Côtoyer ces pros nous donne beaucoup d'expérience et on apprend à connaître Persévérance que je ne possède que depuis un an!!
    La mer est formée, nous avons de grosses vagues de travers de 5-6 mètres. Tom est tombé sur le comptoir du bateau. Il aurait pu se briser des côtes, mais il est solide comme du roc pour ses 62 ans!
    Tom, Antoine et moi vous donnons de beaux bisous du milieu de l'Atlantique xxx

     

     

    13h07 / 19h07, 30 juillet – Georges Leblanc – Océan Phénix (08)
     

     

    La nuit, le plancton phosphorescent illumine le passage des dauphins à proximité du bateau.  Ils filent à vive allure, on dirait des torpilles!  C'est impressionnant!  On ne peut dire si ce sont les mêmes dauphins, mais au petit matin, ils se pointent à nouveau pour faire un ballet. Ils n'ont même pas l'air de forcer et ils avancent très rapidement!  Ils rendent les coureurs jaloux!

    L'OCÉAN PHÉNIX profitent des vents favorables, avancent à bonne vitesse. Les vents varient entre 15 et 25 avec des rafales à 30 nœuds et le voilier fonce à fond de train par le travers et crie l'inconfort pour les équipiers hors quart.

    Ce midi, au menu, une salade de quinoa, saumon, maïs, olives, cœurs de palmier, oignons, agrémentée de vinaigrette balsamique aux tomates confites.  Note parfaite accordée par l'équipage.  Ils demandent même si cela sera encore au menu!  Oups! Par bonheur, le repas est terminé car une vague sauvage heurte le voilier par tribord et la vaisselle voltige à travers le carré.

    Encore deux jours d'une mer cahoteuse à prendre des embruns plein la gueule et nous aurons mérité le soleil, la chaleur et la mer calme afin de faire sécher une fois de plus le bateau, les cirés et les équipiers!
     

     

    09h11 / 15h11, 30 juillet – Aurélien Ducroz - Latitude Neige Longitude Mer (30)
     

     

    Salut à tous!

    Fin de nuit et matinée très compliquée sur Latitude neige-Longitude mer. En effet, vers 5h TU c’est le point d’accroche de l’amure du grand spi qui casse, bref pas très grave, mais de la couture en perspective !!!!

    Ensuite, moins drôle, vers 8h TU, c’est la poulie arrière d’écoute de genacker qui casse et qui a emporté le balcon arrière du bateau créant de nombreux trous dont une fissure sur l’arrière de la coque. Tout cela ne nous empêche pas d’avancer. Il n’y a pas de voie d’eau, la fissure est sur l’arrière de la coque, donc pas de problème.

    Bref, on commence à être un peut cramé par les réparations, quand vers 9h30  la GV tombe !!!!

    Et oui, le lashing de tête de mat cède également, et le moral aussi a vrai dire!!!!

    Mais bon pas découragés nous avons envoyé Eric Peron en tête de mat dans 25 nœuds pour récupérer la drisse pour pouvoir la réparer!!!

    Nous somme de nouveau à fond prêts à pas rien lâcher!!!!!

    À bientôt pour de nouvelles aventures!

    Aurelien

     

     

    07h03 / 13h03, 30 juillet – Jacques Fournier – Groupe Picoty (85)
     

     

    À l'assaut du nord pour la deuxième cordée; à l'exception des 4 premiers qui, fort de leur avance acquise, ont pu se gaver l'avant de la dépression, le reste de la flotte a escompté sur le dos nord ouest de cette même dépression pour repartir sur la route direct avec des vents du nord.

    Ayant pris cette option dés le début de la journée d'hier nous espérions tirer plus profit de notre position nord.

    Finalement ce matin peu de décalage se sont opéré dans la nuit et la flotte reste compacte.

    Malgré l'humidité, les conditions de vie à bord sont bonnes et les tours de repos se font sans formalisme particulier mais au gré des besoins de chacun. C'est bon pour garder de la lucidité, car le jeu sur le plan météo est délicat et les équipages sont en alerte sur les moindres opportunités. La fatigue s'est estompée et nous aurons besoin d'énergie pour les jours à venir.

    Pour le paysage, c'est toujours humide, brumeux et avec pour voisin nos amis les dauphins.

    Le team Groupe Picoty,

    Lac de Vassivière,

    Dekra Kali, JC, Jack

     

     

    04h20 / 10h20 30 juillet – Christophe Coatnoan – Partouche (113)
     

     

    À bord de Partouche, par 48 16 N et 37 48 W, 8h00 TU

    Le jour se lève à bord de Partouche et, depuis que nous avons touché le vent de nord tant attendu, miracle, nous avons aussi changé de gris. Parce que, sur la Québec Saint-Malo, vous venez prendre un cours de gris. Le gris bouché, le gris quasi noir, le gris pluvieux, le gris aérien, le gris qui laisse planer l'espoir d'un peu de soleil, le gris désespérant, accompagné de bruine, le gris définitif, le gris breton, qui vous rappelle la mison. Bref, comme dit Christophe, c'est "l'Atlantique nord, quoi !" Et, ce matin, c'est Byzance, on entrevoit distinctement des grands morceaux de ciel bleu derrière nos copains nuages... Rassurez-vous, cela ne devrait pas durer.

    À part ça, nous avons entamé cette nuit, comme la majorité de la flotte, le long bord de travers, dans du vent de nord, qui doit nous amener pas loin de l'entrée de la Manche. Pour l'instant une vingtaine de nœuds, mais c'est déjà du sport à l'intérieur où il faut bien s'accrocher! Cela devrait se renforcer, mais le bateau a été bien vérifié hier soir et nous sommes prêts, même si cela s'annonce un chouia monotone.

    Bord à bord avec Picoty, notre compagnon de jeu préféré, on est bien contents d'avoir empanné tôt hier matin et d'être revenus dans le jeu avec le reste du peloton. Même si le numéro des mecs de devant est impressionnant.

    A+

    PYL

     

    01h56 / 07h56, 30 juillet  -  Vers un monde sans SIDA – Erik Nigon (56)
     

     

    À un marin et tous ses frères de sort qui nous font toujours rêver...

    Un marin qui a la passion du large, c'est facile à reconnaitre, vous lui parlez de l'océan et vous regardez ses yeux... En un instant il ne vous fixe plus, il ne fixe plus rien, ne parle plus pendant quelques temps, il voit, il revit, il sent, il est au large quand certains disent qu'il est à l'ouest. Il revit les instants de profonde paix dans une mer calme et puissante et les moments intenses, de surprise voir de peur où il faut faire face à des conditions difficiles ou à une avarie majeure.

    Ces marins-là vont et vivent là ou les autres rêvent d'aller, ils explorent les limites de leurs corps et de leur tête dans l'intimité des éléments. Le froid, l'adrénaline, la puissance, la jouissance, la fatigue, la révélation de ses sens, l'intensité, l'action, l'abandon à la sérénité mais la renonciation, ça jamais...!

    L'isolement mais pas la solitude, une vie en teintes de gris, une vie en bleus légers et profonds, un désert empli de vie et de diversité.

    Il y a de la place aussi dans leur cœur pour les autres, pour l'amour, mais ce sont des instances parallèles qui, par magie se coupent dans des moments de fusion puis reprennent leur propre chemin avant de se retrouver a nouveau pour partager.

    Ces marins ont leur propre logique, leurs décisions, leurs doutes, autrement dit, leur liberté. La liberté c'est parfois et aussi de se perdre à 30 ans mais en ayant vécu ce que si peu d'entre nous ont juste osé imaginer. Les larmes de ceux qui restent tel un effet papillon formeront les vagues où surferont au milieu de nulle part et de tout les femmes et les hommes, les marins du grand large qui peut être eux comprendront un jour pourquoi on est ici...

    Pendant la seconde Transat Québec Saint-Malo en 1988, Olivier Moussy sur son trimaran jaune Laiterie du Mont Saint-Michel, devenu par la suite Esso puis Le Neuf puis Laiterie de Saint-Malo, avant de devenir en 2012  "Vers un monde sans sida" vogue vers l'Irlande, c'est là qu'il a fini sa vie terrestre pour intégrer la légende du grand large qui fait vivre éternellement les marins défricheurs de nouvelles routes d'aventures entre l'homme et la nature.

    Cette nuit, alors que le trimaran qu'il a baptisé de son état civil Tribulations fait route a 1000 milles du Fastnet, nous pensons avec émotions au bonheur qu'il nous a donné, mais aussi à tous les autres marins qui comme lui portent de leurs bras de houle les 3 coques de notre navire juste pour notre plaisir d'être ici vivant avec eux.

    Erik     


    5h00, 30 juillet 2012 - Simon Boivin - Journaliste du journal Le Soleil - EDF Energies Nouvelles
     

    Ouch! La catastrophe. Comment une journée qui avait si bien commencé peut-elle se gangrener de la sorte? Aussi vite...Lire la suite

     

     

  • 29 juillet

    * Pour ne rien perdre de l’intensité de ce que vivent les équipages et pour respecter l’esprit « international » de la Transat, les textes sont publiés dans leur langue originale


    1h00am, 29 juillet 2012 – Robert Patenaude - Persévérance (56)

     

    La toilette Plastimo, le ciré Musto mpx et les bottes Dubarry
    Voilà de beaux sujets de conversations! Une nuit de brouillard, les bons et les mauvais coups à bord. 
    Premièrement, ma toilette Plastimo. Elle ne fonctionne que sur un bord!?! Elle est située sur le côté bâbord et lorsque nous sommes tribord amure, elle ne fonctionne pas... Problème de valve et de conception probablement, mais ici les bords peuvent être très longs!! Hey les ingénieurs, cela fait plus de 40 ans qu'on a marché sur la lune, quelqu’un pourrait s'attaquer à des problèmes plus communs et terre à terre!
    Mon meilleur achat cette année est mon ciré Musto mpx. Très cher, mais il fait bien son travail. Cependant, vous ne pourrez pas vous le procurer au Québec car, selon mon pot de la transat Twostar, Philippe, le marché est trop petit! Donc, chez Musto, on peut attaquer le marché des moussons, soit le Pakistan, le Cambodge, la Chine, la Thaïlande, l'Inde et le Bangladesh, il y a plus de 2 milliards de personnes qui attendent vos Musto avec impatience et ça mouille des masses là-bas!!! Mais, à 1200 euros pièce, faudra attendre je crois lorsqu'on gagne 30 euros par mois... Mais j'allais oublier, l'euro descend!!
    Mon pire achat cette année: les fameuses bottes Dubarry. Goretex, Antartica, plus de 350 euros et après 2 jours elles étaient déjà humides et froides. En plus, elles puent (odeur de putois et de pisse de chat)! À grand regret, je les remplace par mes vieilles Gill de 15 ans et je les ai même enfermées dans le compartiment moteur car elles empestaient la cabine déjà aux prises avec d'autres odeurs plus ou moins délicates... Deux options pour l'avenir de ces bottes: elles retournent chez le vendeur ou je les garde pour parader les fins de semaine à la Trinité sur mer!! Ce sera la première option.
    À bientôt, on avance...
    robert

     


    Minuit, 29 juillet 2012  – Robert Patenaude - Persévérance (56)
     

    Ça avance bien ce soir. Ces brumes si froides tant décrites par Farley Mowat dans ses livres sont de retour. À la barre la nuit, on quitte parfois la réalité pour revenir quelques secondes dans le passé ou certains rêves inachevés. L'autre jour, au service des urgences où je travaille, il y avait un vieil homme couché sur une civière au fond d'un corridor bondé. Amaigri, asséché, le teint ictérique, il était atteint par un cancer envahissant. Une jeune préposée s'approche de lui et lui demande: "Vous voulez manger et boire un peu?" Il la regarde, lui sourit et répond: "Donnez-moi de l'eau salée svp. C'est la seule chose qui me manque."

     


    29 juillet, 22h11 -  Stéphane Le Diraison – IX Blue (109)
     

    Les météorologues se démènent pour en prévoir l'évolution et rencontrent encore aujourd'hui les pires difficultés pour prédire leur genèse... Je veux parler des dépressions bien sûr ! Vous savez ce temps maussade typique de la toussaint : vent, pluie, grisaille. Pour notre joie à tous les dépressions estivales sont de plus en plus toniques et nous font confondre l'été et l'automne. Imaginez notre privilège : nous venons d'assister en direct à la création d'une perturbation atlantique ! Et pour cela nous y avons mis du cœur : absorbés par la réparation de notre grand spi (emporté par une rafale hargneuse au passage de Saint Pierre et Miquelon) nous décidions momentanément de nous positionner sur l'orthodromie, c’est-à-dire la route la plus courte pour rejoindre Saint Malo - afin pensions nous, de ne pas prendre de risque...

    Notre passage au vent des côtes de Terre Neuve sous le soleil a provoqué l'ire d'Éole, le dieu des vents. Il s'est vengé sournoisement en nous mijotant une dépression aux petits oignons : la trajectoire de son centre se confondant avec la notre ! Savoureux !

    La chute du baromètre était saluée par une rotation du vent qui inexorablement s'est orienté dans notre axe tandis qu'à seulement 50 milles dans notre sud nos petits camarades bénéficiaient de vents portants leur permettant de nous fausser compagnie sans vergogne !

    En quelques heures la course basculait : notre seule défense possible était de gagner vers le sud pour échapper aux prés serrés - punition ultime.

    Corollaire de loi de Murphy : un défaut sur la chaussette du grand spi entraîne une déchirure, plus tard une forte rafale sollicite la réparation qui ne tient pas, le spi se déchire complètement et tombe à l'eau, la manœuvre de récupération épuisante, la contrariété et l'énergie dépensée pour la réparation entraîne un mauvais choix stratégique par omission, le recalage fait perdre un maximum de distance sur nos concurrents, pour finir le grand spi est inutilisable alors que nous en aurions bien besoin, le ralentissement occasionné va nous exposer d'avantage aux vents les plus forts de la dépression... ou comment un détail fait basculer une course !

    Nous n'avons pas dit notre dernier mot ! Tant que la ligne d'arrivée ne sera pas franchie nous vendrons chèrement notre peau !!!

    12h56 / 18h56, 29 juillet - David Augeix - EDF Energies Nouvelles (45)

    Il ya des jours comme ça...

    À terre on dit: "si j'avais su, je serais resté couché". Ici, ce n'est pas possible... et pourtant.

    Ce matin, on "envoyait du bois" sous grand spi quand "bang", drisse sectionée en haut... et "plouf", spi dans l'eau, ce qui n'est pas franchement son élément...! Pour chaluter, les pêcheurs préfèrent le filet, c'est plus adapté.

    Bon, on gère. "L'atelier couture" est de sortie, on verra si on peut le sauver.

    En attendant, on travaille au mieux sous spi lourd et grâce au vent et à la mer, le handicap n'est pas trop important pour l'instant.

    L'accélérateur a été ré-enclenché et on continue!

    David Augeix, EDF Energies Nouvelles.


    29 juillet, 17h13 – Georges Leblanc – Océan Phénix (08)
     

    ENFIN VERS LE NORD!

    Depuis son passage au cap Race, l'OCÉAN PHÉNIX a suivi une route vers l'est à la latitude 46 degrés nord afin d'aller chercher les vents favorables qui lui permettront de joindre St-Malo le plus rapidement possible. À 15h30, empannage afin de passer en laissant la haute pression sur babord et de profiter des vents portants de la basse pression.

    OCÉAN PHÉNIX se paie des surfs à 20 nœuds!

     


    12h39 / 18h39, 29 juillet -  Érik Nigon - Vers un monde sans SIDA (56)
     

    Le bonheur est dans le portant...

    Enfin ça y est on a dépassé notre dépression moribonde pour flirter avec le bord de l'anticyclone des açores et avons retrouvé la glisse et une moyenne supérieure à 15 noeuds. Gilles vient maintenant nous mettre la pression en ayant trouve un passage plus rapide au Sud (comme quoi il ne faut pas toujours partir devant) mais on se tourne désormais vers la prochaine marque de parcours...

    Et c'est pas joli joli, on est en route pour arriver sur zone le 1er août et pour l'instant il y a des mauvaises conditions météo qui rendent le passage dangereux pour Gilles et nous. Erwan lui va pouvoir passer tranquille avec une grosse jurnée d'avance mais derrière il y a baston et surtout risque de mer peu praticable quand on passe aussi près des cotes à l'intérieur de Fasnet Rock.

    On va voir comment tout cela évolue on vous en dira plus demain, la direction de la course suit l'évolution météo tout comme nous.

    Les têtes ont repris des formes plus souriantes aujurd'hui et pas de problème pour trouver des amateurs pour prendre la barre même si on est dans le crachin depuis que le vent est rentré.

    Il nous reste 4 à 5 jours de mer alors on commence à se lâcher sur le saucisson, faut dire qu'il y en a trois qui viennent du Médoc (amenés par Lalou lors du trajet aller) et qui auront muris sur un aller retour atlantique, ça va être une experience unique!

    Bon aller je retourne à la navigation car faut qu'on soigne la trajectoire finale et ce n'est pas le vent qui va manquer... on espère toujours un rayon de soleil!

    Amitiés à tous!

    En direct de la pirogue qui glisse sur un ocean tout en douceur,

    Le voilier au ruban rouge 

     

     

    10h20 / 16h20, 29 juillet - Benoît Parnaudeau - Transport Cohérence (17)
     

     

    Brume, vent, vagues, nous sommes bien dans l'Atlantique nord.

    Nous avons enfin touché le vent de Nord en arrière de la dépression ce qui nous permet d'aller plus vite mais qui ne réchauffe pas l'atmosphere !

    Il nous faut cavaler avant d'être rattrappé par l'anticyclone et voir les concurrents de devant encore s'enfuir.

    Malgré tout bonne ambiance à bord avec un bon partage d'expérience.

    Bises de tout l'équipage.

     

     

    10h20 / 16h20, 29 juillet 2012 - Georges Leblanc - Océan Phénix (08)
     

    Jeudi soir dernier, l'OCÉAN PHÉNIX naviguait dans la partie des bancs appartenant à la France. À une cinquantaine de milles de St-Pierre et Miquelon, nous naviguions sous grand-voile haute et spinnaker afin de contourner l'île de St-Pierre que nous devions laisser sur notre tribord. Nous avons dû affaler en vitesse afin de s'ajuster aux grands vents que nous souffle un front froid, phénomène apportant généralement de grands vents mais tout à fait habituel dans cette région du globe. Cette dernière marque de parcours accomplie, nous poursuivons notre route en direction de St-Malo, en continuant vers cap Race au sud-est de Terre-Neuve.

    Cap Race par le travers, Michel, notre responsable météo du bord, nous annonce des jours à venir pluvieux et venteux. En fait, une couple de dépressions se pointent le nez et pourraient éventuellement nous fournir des vents favorables si nous réussissions à les aborder par leur sud. Comme tout bon météorologue, les prévisions de Michel lorsqu'il s'agit de mauvais temps s'avèrent toujours vraies. Depuis que le soleil a fait place aux nuages, les embruns balaient le pont de l'OCÉAN PHÉNIX. L'équipage se fait brasser mais le bateau avance bien, alors pas de problèmes. Encore un à deux jours à goûter à cette médecine, alors nous devons prendre notre mal en patience.

     

     

     

    07h34, 29 juillet 2012 - Campagne de France (101)
     

     


    The day has dawned grey, mainly foggy and still raining. Campagne de France is still ahead of the cold front, and we have also found the Gulf Stream,  all of which helps with going fast in generally the right direction.

    As does a good mug of earl grey tea. We usually only have thermal mugs on board, but the fine mug in the photos made its way on board at the last minute in Quebec. Will try not to break it before the finish!

    Other than that, we are living in rather humid conditions - courtesy of the sea on deck, and wet clothes and condensation below deck. Luckily for you, we cannot e-mail you the special perfume emanating from the boat...

    And as the weather is lending itself more to indoor activities, the entire crew is playing the Cold Front Game avidly (see earlier blog from Halvard for rules of game).

    I can hear dolphins from where I am sitting at the nav station typing this.

    Campagne de France, damp Sunday morning in the North Atlantic

     

     

    03h30 / 9h30, 29 juillet 2012 - Michel Kleinjans - Roaring Forty 2 (107)
     

    Bonjour à tous, un peu de nouvelles du bateau Roaring Forty2,

    Hier soir, on fonçait sur la banque "The Flemish Cap", vous savez "the perfect storm", le temps était un peu moins extrême, mais avec 23/28kn par le travers, ça a bien gazé et on était bien arrosé et trempé! Le temps de se faire un casse-croûte dans le feu rouge du dit "carré" du bateau avec les ingrédients qui nous étaient donné par les québécois, c'est-à-dire du pain long life, mais de façon artisanal, très bon mais assez difficile à couper en tranches avec nos couteaux pas adaptées, et du saucisson artisanal des Îles de la Madeleines. Juste pour dire que la scène me faisait penser à un mix d'un film de guerre genre "das boot" et une peinture naturaliste, un bon moment, et dehors sa soufflait! Le bateau qui sautait sur les vagues qu'il rattrapait, c'était d'une magie qui fait qu'on n'arrête pas de faire ceci.

    Bon la course, on fait ce qu'on peut le spi médium est réparé, mais l'angle du vent était de toute façon trop prêt pour nous, pour pouvoir l'utiliser. Après l'arrosage gv+genua, on a changé dans la nuit au code 5, qui maintenant, à l'aube, est remplacée par le grand spi. Rien n'est joué et je pense qu'avec les prévisions actuelles, ça va être une arrivée groupée des 12 premiers bateaux, mais dans quel ordre?

    Entre temps, ça cause derrière moi sur le nombre de cigarettes restantes et les bidons d'eau à vider pour alléger le bateau. Pour une fois, ce n'est pas de femmes, ou des technicités des bateaux, qu'on cause!

    Temps pour le petit dej.

    À plus

    Michel et tout l'équipage de Roaring Forty 2.

     

     

    01h06 / 7h06, 29 juillet 2012 - Érik Nigon - Vers un monde sans SIDA (56)
     

    On ne trouve pas la sortie!

    C'est un peu déprimant notre situation depuis 24h, on est collé dans des tout petits airs sans trouver la sortie. À chaque fichier météo les prédictions changent et on ne sait plus à quel saint se vouer... Faut il revenir aux anciens dieux Eole ou Neptune nom de Zeus?   

    Erwan a réussi a passer en restant avec la dépression jusqu'à toucher le bord de l'anticyclone des Açores, ce même anticyclone doit maintenant pousser Gilles vers le Nord Est et nous on fait du Sud!! Serait-ce mes vieux démons qui reviennent a vouloir privilégier les alizés contre la route Nord?? Le souci, c'est que là c'est Ouest vers Est la Transat!

    Il semble qu'on soit englué dans ce bout de dépression déprimante qui s'écrase sur l'anticyclone et qui a du mal à choisir sa direction finale. Toujours d'après la grenouille GFS l'anticyclone des Açores va pousser par le sud alors on doit en toute sagesse repartir au sud jusqu'à toucher du vent de Sud / Sud Est alors que là, on a juste de l'Ouest 7 noeuds...

    Je pense qu'on a bien fait de tenter de passer avec la dépression après Saint-Pierre et Miquelon, il aurait sans doute fallu mettre le clignotant a droite un peu plus tôt mais a ce moment là, les fichiers et simulations de routage nous laissaient passer et on ne va pas rejouer le passé.

    S'il y a bien une chose sur laquelle on n'a pas de prise c'est le passé, il faut vivre avec et penser à ce qui est devant nous. Nos petits "malheurs" ne sont rien et me ramènent cette nuit au vrai sujet qui donne un sens à cette aventure de la course au large pour le voilier au ruban rouge.

    Notre trimaran est la pour témoigner a charge contre le VIH et pour soutenir tous ceux qui luttent contre le virus. Le problème n'est pas seulement la santé mais tout un environnement de vie sociale. Je laisse aux associations AIDES ou MIELS exprimer avec les bons mots et surtout les bonnes actions la manière de prévenir et de soutenir les personnes à risque (nous tous) et celles infectées par le virus, mais notre Transat, c'est celle de "vers un monde sans sida". On va y arriver, même s'il faut faire un peu de sud pour ensuite remonter vers le Nord Est quand les vents seront favorables!

    Cette nuit on pense a Louis, à Guy, ... à tous nos amis de Québec qui luttent personnellement ou pour les autres contre le VIH. On embrasse très fort Thérèse, Sonia, Yvan et on vous offre à tous cette première semaine de navigation qui nous a amené des rives du Saint-Laurent à son Golfe et ses magnifiques escales puis à Saint-Pierre et Miquelon comme dans les livres des pêcheurs de Terre-Neuve et là au milieu de l'atlantique avec le plancton phosphorescent et là le vent qui vient de tourner au sud!!

    On repart dans le bon sens, on y va vers ce monde sans sida!

    Tout l'équipage vous embrasse, le sourire n'est jamais loin quand on ne lâche rien!

     


    5h00, 29juillet 2012 - Simon Boivin - Journaliste du journal Le Soleil - EDF Energies Nouvelles
     

    L'Atlantique fait le plein. Il pleut à boire debout du matin au soir. Mais on s'en fout. Il vente. Et du bon bord... Lire la suite

     

     

  • 28 juillet

    * Pour ne rien perdre de l’intensité de ce que vivent les équipages et pour respecter l’esprit « international » de la Transat, les textes sont publiés dans leur langue originale


    17h00, 28 juillet 2012 – Robert Patenaude - Persévérance
     

    Voila, nous nous sommes faits prendre par une dépression qui devait se diriger vers l'ouest, mais qui a décidé de prendre le nord. J'aurais du éviter ce piège et me diriger plus au sud comme prévu, mais je suis allé trop au nord et voilà, un vent de face dans cette eau froide et ce temps brumeux nous empêchant de revenir au sud.
    Ce matin, la drisse de grande voile a brisé. Par miracle, on a pu la récupérer avant qu'elle ne passe dans le mât. Cela aurait été un cauchemar, monter dans le mât dans cette mer démontée... Je ne veux même pas y penser.
    On a réparé, mais il faudra veiller sur cette drisse affaiblie, car elle porte la grande voile.
    On reprend notre direction vers l'est, espérant ne pas trop avoir perdu de terrain sur nos amis.
    Décidément, l'Atlantique Nord n'est pas de tout repos...

     


    13h28, 28 juillet 2012 - Halvard Mabire - Campagne de France (101)
     

    Bonsoir la Terre

    J'espère qu'il fait beau chez vous. Ici il pleut.
    Mais ce n'est pas grave, nous nous amusons bien quand même. Comme pour les jours de pluie, nous avons sorti les jeux de société. Pour la Noël, nous en avons reçu un nouveau qui s'appelle « La Transat Québec Saint Malo ». C'est un jeu sur l'ordinateur. Sur l'écran, il y a une carte de l'Atlantique et plein de petits bateaux de toutes les couleurs dessus. Toutes les quatre heures pendant la journée, le Maître de jeu envoie des nouvelles positions, qui replacent les petits bateaux sur la carte.
    Nous, notre bateau, c'est CAMPAGNE DE FRANCE. Le but du jeu est d'essayer de le placer le mieux possible sur l'écran avant que les prochaines positions ne tombent. Au moment où nous recevons les positions de la flotte, nous découvrons si nous avons bien joué ou pas. C'est très amusant comme jeu. En plus, pour pimenter le jeu et que ce soit plus drôle, nous passons par des cases diverses, un peu comme le jeu de l'Oie, où nous avons des bonus ou des malus.
    Dans les cases malus, il y en a plein de différentes. Au choix :
    - algues dans les safrans ou, et, la quille
    - gros vilain nuage de pas de vent
    - vent refusant lorsqu'il faudrait qu'il adonne
    - vent adonnant lorsqu'il faudrait qu'il refuse
    - casses matérielles diverses, avec plus ou moins de malus selon le type de casse.
    Dans les cases bonus (beaucoup moins nombreuses), les plus appréciées sont :
    - pétole rien que pour les autres
    - adonnante rien que pour soi quand on est au près
    - refusante rien que pour soi quand on est au vent arrière
    - éclair de lucidité subit pour savoir où aller
    En tous cas ce jeu a du succès à bord. Au moment des positions, tout le monde regarde l'écran!
    Par contre, les gentils organisateurs, par souci de réalisme, on décidé d'asperger notre salle de jeu avec des lances à incendie, branchée sur l'eau de mer qui plus est. A revoir. Aussi de temps en temps, il faut sortir dehors, dans la pluie, le froid et sous les jets qui nous aspergent bêtement, pour aller tirer sur des ficelles ou pour essayer de maîtriser des grandes bâches toutes raides et toutes mouillées, qu'on ne peut même pas plier correctement. Cette partie du jeu est à revoir aussi. Sinon dans l'ensemble c'est pas mal.
    Nous allons essayer de progresser d'ici l'arrivée, car apparemment les autres joueurs sont drôlement entrainés et il y en a qui jouent super bien. Même que si on devait comparer notre jeu à un jeu de cartes, il y en a qui sont tellement balaises, qu'ils arrivent même à transformer les jeux de hasard en jeu d'adresse... dans le genre de celui qui arrive à retrouver la carte, qu'on est le seul à avoir imaginé d'avoir vu, au milieu d'un tas qui a été brassé 5 fois. Ca peut aider pour le jeu de la Transat Québec Saint-Malo...  
    A bientôt, et vous aussi jouez bien sur vos ordinateurs...
    Campagne de France
    Sous le Front froid qui nous propulse (vite, mais inconfortablement) dans la bonne direction.

     


    13h19, 28 juillet 2012 - Benoit Parnaudeau - Transport COHERENCE (17)
     

    Nuit agitée sur Transport COHERENCE
    Une dep nous est arrivé dessus, nous avons donc eu 30 nds de SE.Nous
    étions donc au prés a planter des pieux pendant que les amis devant
    cavalaient.
    Le pire dans cette histoire c'est que cette dep continue a monter et donc
    devant ils n'auront pas ce vent.
    Ca se complique de plus en plus pour nous
    En attendant nous sommes sous spi, le vent va progressivement adonner, le
    prochain choix tactique sera donc quand déclencher l'empannage.
    Celui la déterminera notre route à venir (plus nord ou plus sud)
    Sinon tout va bien à bord, on attend le couscous de Salva
    Bises a+ du 17

     


    12h22, 28 juillet 2012 - Jorg Riechers - Mare (115)
     

    So, we are halfway thru the course, and have finally gotten on the right track.  It is not so easy when you have 3 sucessful Mini sailors (singlehanded) onboard, becuse everyone is used to doing things their own way and making all their own decisions.

    Because of this, we have been a bit of a misguided missile.....lots of speed, but not always in the right direction.  At this point though, all the generals have gone for a command conference in the war room, turned the keys, and the ICBM hs been fired straight at the traget, St. Malo.  We have a lot of reaching ahead of us, which suits our wounded boat just fine, and are hoping to put the miles on before the last bit of the race, where some light to medium vmg downwind awaits....  Not what we need with a short bowsprit and a tissue paper thin big kite, which splits at the mere sight of waves....

    Back to the generals, they have decided to hold regular situation reports in the war room, each time some new intelligence arrives.  This is proving to be successful, to win the war you first have to win the battles.  

    For my part, I am supervising their meetings, doing some translating,  while at he same time running around re-locktieing everything, putting the pilot tiller arm back together, and doing he whole host of little jobs that crop up in such a long campaign.

    Going back to hand stiching the kite,

    Ryan out.

     


    28 juillet 2012 - Jacques Fournier - Groupe Picoty (85)
     

    Belle bagarre sur les bancs de Terre Neuve
    Après la petite journée de récupération d'hier, l'équipage  Team Picoty est a « donf » .Depuis St Pierre et Miquelon, l'intensité est montée crescendo. Depuis le début de la nuit dernière la glissade est rapide et nous sommes crédité des meilleurs moyennes.
    Petit à petit nous regagnons le coeur de la flotte , gérons le passage d'une dépression par le sud avec des vents de 20-25 noeuds ,brouillard et pluie,T$erre Neuve oblige.
    La  qualité ds équipages font que les bateaux sont mené à fond, les écarts assez faibles et une flotte relativement compact.
    Notre latte supérieure de grand voile c'est cassé lors d'un empannage avant St Pierre, mais n'affecte pas trop notre vitesse .Nous espérons qu'elle ne va pas déchirer la grand  voile dans le coup de vent actuel et nous attendrons une periode de « molle » pour faire son changement.
    L'ambiance à bord est excellente et les potins du  monde de la voile vont bon train. Il semble qu'un encyclopédie puisse être écrit. A diffusion confidentielle.
    Mais comme vous le savez, ce qui se passe à bord reste à bord, donc silence Radio.et ne craignez rien.
    Les Pink Floyd en musique d'ambiance et tout le monde sur le pont.
    Vent 25 noeuds, genois, Gv 2  ris à 100 ° du vent vitese12-13 noeuds. Cà secoue grave .

    Bise à tous

    L'equipage Team Picoty-Lac de Vassivière-Dekra

     


    10h14, 28 juillet 2012 - Halvard Mabire - Campagne de France
     

    Les Grands Bancs
     

    Bonjour à tous

    Voici bientôt une semaine que nous sommes partis de Québec et c'est la première fois que j'ai l'opportunité de vous écrire quelques lignes.

    En effet, nous voici sur un bord, en ligne quasiment droite, dans du vent relativement régulier qui n'oblige pas à des manoeuvres incessantes, et sur une mer suffisamment bien rangées pour que Nestor barre aussi bien que nous.

    Le fleuve Saint-Laurent ne fut pas un long fleuve tranquille pour Campagne de France. Nous ne furent pas toujours heureux dans nos choix de route lorsqu'il a fallu choisir notre voie dans les divers chenaux entre îles et hauts fonds et nous avons vu un petit groupe de tête s'échapper inexorablement. Contrairement à la Transat Québec Saint-Malo 2008, il n'y a pas eu beaucoup de regroupement général dans le fleuve et il a fallu une certaine dose de patience pour saisir ultérieurement les bonnes opportunités pour revenir vers les leaders. C'est ce que nous avons fait entre Gaspé et Saint-Pierre.

    Par rapport à 2008, il y a eu un gros progrès côté Organisation de cette Transat, c'est la visibilité. En effet, nous avons vu les rives du Saint-Laurent, la Baie de Gaspé, La Roche Percée et même nous avons pu légèrement et furtivement entrevoir la base des rives de Saint-Pierre et Miquelon, lorsque la brume a daigné se désépaissir pendant quelques minutes brèves (je dis bien se désépaissir, ce qui ne veut pas du tout dire se dissiper...). On ne pourra donc pas dire que nous n'avons rien vu, mais nous ne pourrons pas dire non plus que nous avons vu Saint-Pierre et Miquelon. Décidément il faudra que l'on revienne. Si cette fois-ci nous avons eu le privilège que ces îles dévoilent furtivement une petite partit de leur bas, nous aimerions bien qu'un jour elles se décident à enlever le haut, histoire de voir à quoi elles ressemblent.

    Saint Pierre et Miquelon, c'est tout de même un tout petit bout de France qui est pas mal loin de tout. Et pourtant, tout le monde connait, au moins de noms, ce petit tas de cailloux. Il faut dire que ces îles sont étroitement associées à l'histoire de la Grande Pêche sur les Bancs de Terre-Neuve et la dureté du Grand Métier en a forgé la légende.

    Nous venons justement de sortir ce matin des Bancs de Terre-Neuve et nous passons à raser au sud du Bonnet Flamand, qui est la partie la plus est des Grands Bancs. Un chenal sous marin sépare ces espèces de montagnes immergées, qui forment les Bancs de Terre-Neuve. La profondeur sur les Bancs varie entre 50 et 300 mètres, alors que tout autour la profondeur de l'océan Atlantique à cet endroit évolue entre 1500 mètres et 4000 et quelques mètres. Les Bancs sont donc de véritables montagnes sous-marines fort élevées au milieu d'une grande plaine et cette différence d'altitude explique les mers extrêmement désordonnées que l'on peut rencontrer à cet endroit. Un peu comme le Golf de Gascogne, de fort mauvaise réputation, où la brutale remontée du plateau continental fait front aux énormes masses d'eau charriées depuis les grandes profondeurs de l'Atlantique. Pas bon trainer dans le coin quand il fait vilain.

    Mais contrairement aux habitudes, nous avons navigué hier sur les Grands Bancs avec de la visibilité. Avec du Soleil même! Sous spi en plus.

    Par contre je vous rassure tout de suite, une petite dépression nous rattrapant, le front qui la précède nous a bien vite replongés dans la brumasse et l'humidité. La vraie humidité. Celle qui s'imprègne partout, insidieusement, mais surement. Une bonne piqure de rappel pour nous remémorer à quel point la pratique de la Grande Pêche sur les Grands Bancs devait être un dur métier. De nos jours, à l’époque du GPS, des balises, de la cartographie électronique, il est difficile d'imaginer comment les Goélettes Terre-Neuvas qui éparpillaient, façon puzzle, leurs doris tout autour sur les Bancs, avec un pêcheur souvent seul à bord, arrivaient à retrouver tout son petit monde en fin de journée. Il y a dû y avoir plus d'un doris de perdu et les listes des Disparus en Mer sur les Calvaires des Marins de côtes Bretonnes et Normandes sont là pour le rappeler.

    À bord de Campagne de France, c'est donc avec respect et une certaine humilité que nous nous balladons dans ces parages. Bien sûr, la course est dure et nous cravachons au maximum. Les heures de sommeil furent rares jusqu'à maintenant et les mains de Christian souffrent quelque peu du changement d'activité entre Patron de Chantier naval et marin sur un bateau sortant de son chantier. Mais par rapport à l'époque de la grande pêche, nous sommes bien habillés dans nos cirés Cotten, nous mangeons autre chose que des patates et du lard (... quoique, en y pensant, cela me ferait bien envie, un bon gros morceau de morue avec justement des pommes de terre fraîches...), nous savons où nous sommes, nous avons des radars et de AIS pour voir les autres bateaux dans la brume, et nous pouvons même vous écrire et vous téléphoner (si on veut...), alors que les marins Terre-Neuvas partaient pour plusieurs mois de campagne, coupés de tout lien avec leur famille et leur foyer.

    Aujourd'hui, les bancs sont désertés. La morue a tellement été pêchée qu'il a fallu un moratoire, histoire que toute l'espèce ne soit pas ratiboisée. La belle époque de Saint-Pierre et Miquelon, basée sur une vraie économie, est révolue. Raison de plus pour revenir dans le coin, histoire de dire aux Saints Pierrais qu'on ne les oublie pas. En plus il parait que quand il n'y a pas de brouillard c'est absolument superbe. Mais ça je veux le voir par moi-même, car de nos jours on nous raconte tellement de trucs qu'il faut se faire ne opinion par soi-même si l'on veut encore avoir une quelconque liberté de pensée...

    À bientôt

    CAMPAGNE DE FRANCE

    Sud du Bonnet Flamand

    Version anglais (Traduction libre):

    « Huge apologies for the lack of news -  have been working harder than I ever thought possible. Since we left Quebec on Sunday morning, we have been rather busy. Sunday was a beautiful day for racing downwind on the St Lawrence, with the wind reaching 28 knots at one stage, making manoeuvring more exciting, but flat water and fast. Plus there are numerous obstacles such as islands, sand banks and other competitors. I have no idea how many gybes we did on the first day alone, but it must have been over 50. Then light and variable the first night and next day, strong breeze filling in on the second night accompanied by menacing thunderstorm, huge gusts off the hills, which made for an interesting mark rounding  at St Anne des Monts in the company of other boats, speeding along in the dark, a bit too much wind.  The race so far has been an endless round of changing sails, getting things right, getting them wrong, giving away places, going back on the hunt, catching up with some of

    our competition, getting ahead of some, getting becalmed again, sometimes clear with good visibility, more recently fog, heavy glacial rain, more fog, then clear starlit night and proper downwind surfing conditions.

    Amazingly, we had good visibility on the St Laurence, and the Bay of Gaspe and the Roche Percee, lit up with end-of-world sunlight as huge dark cloud came rolling in. Beautiful part of the world. However we saw nothing of Newfoundland, and just a glimpse of the lower cliffs on Miquelon.  

    We are now over the Grand Banks of Newfoundland (and it isn't foggy, in fact it is glorious weather, and the boat and its occupants are thoroughly enjoying drying out a bit). This is the start of the Atlantic Ocean section of the Quebec St Malo race, the final 2000 mile sprint to France. Spinnaker up, flying along, waiting for the next low pressure system to catch up, with more wind and no doubt rain!

    Campagne de France - western North Atlantic Ocean »

     


    8h45, 28 juillet 2012 - Aloys Le Claquin - Jack in the box (104)
     

    Salut tout le monde !

    Tout d’abord tout l’équipage souhaite remercier chaleureusement tout l'organisation pour votre accueil !!!! Au départ on a pas vraiment eu le temps de dire merci !

    Sinon à bord tout va bien, on s'arrache pour remonter le peloton ! Faut dire que quitter le Québec n'est pas facile, encore plus quand on digère un six-pâtes !!!

    Très bonne journée

    Bise

    JACK

     


    8h16, 28 juillet 2012 - Georges Leblanc - Ocean Phénix (8)
     

    La nuit est obscure, le brouillard et la bruine détrempent nos valeureux équipiers qui attendent impatiemment la fin de leur quart. Le voilier file à bonne vitesse, fend la vague et soulève des embruns qui viennent doucher pour une dernière fois les équipiers qui espèrent la relève qui se fait attendre! Le café, le thé vert ou le chocolat chaud sont servis selon le choix des équipiers du quart entrant. Puis, les équipiers exténués qui terminent leur quart sont bien heureux de laisser leur place aux cinq autres satisfaits de reprendre en main le voilier qui se comporte bien.

    
Le calme revient en moins de cinq minutes. Je regarde tout autour, c'est la désolation. Ça traîne en grand, il va falloir y mettre bon ordre. Il y a des serviettes, des cannettes, des plats à soupe, tout ça pêle-mêle; il nous faudrait une table plus grande. Certains sont plus conscientisés qu'il faut constamment participer au nettoyage et au ramassage. Ceux-ci se chargent de jeter les rebuts dans les poubelles de la cuisine. OH! Je crois qu'ils viennent de faire une petite erreur: Sonia met un terme à ce genre de ménage, elle leur remet trois sacs: un pour le plastique, un pour les cannettes, un autre pour le papier et elle se charge du compostage (déchets de cuisine). En plus, elle ajoute au babillard la chronique à Ti-Mé pour la saine gestion des déchets. Il y a déjà quelques années, lors de grandes courses, j'affichais fièrement le sigle "skipper propre" alors je sais où elle veut en venir. Par contre, ces fois-là, j'étais seul à bord, maintenant il faut conscientiser les douze matelots!

     


    7h18, 28 juillet 2012 - Christophe Coatnoan - Partouche (113)
     

    Si on fait du Class40, c'est sans doute pour ça : cette sensation de puissance unique, quand la machine, calée sur son bouchain, bouffe du mille comme un goinfre. We love reaching! 25 noeuds de vent, à 70° du vent réel, sous GV haute et trinquette, ballasté et matossé à bloc, Partouche laboure la mer - qui a changé de couleur cette nuit - à plus de 11 noeuds de moyenne.

    À l'intérieur, on entend les craquements de la coque qui encaisse sans broncher et les vagues qui viennent frapper le bateau de côté. En fond sonore, le ronronnement - qui vire à l'aigu quand on accélère - de l'hydrogénérateur rythme les surfs. Il pleut, il mouille, mais voilà ce qu'on est venu chercher dans cette option sud. Et, à l'abri sous la véranda du Pogo 40S2, c'est plutôt confort...

    À part ça, tout va bien, ou presque : hier en fin de journée notre spi max a posé une RTT sans autorisation du patron, nous lâchant par l'amure. Verdict d'Etienne, qui connaît le métier depuis la Jacques Vabre : « Réparable ». On s'y colle dès que ça se calme.

    Et puis un moment juste incroyable, hier toujours : journée ensoleillée, à la barre en short, tout d'un coup à l'horizon, sur tribord, de l'écume qui vole dans l'air. En désormais expérimenté navigateur de ces zones baleinières, votre sang ne fait qu'un tour. « Baleine! » La voilà : un énorme spécimen qui sonde au même moment. Deuxième souffle, cette fois, c'est sûr, nous sommes en route collision, sous spi à 11 noeuds. Gaspé! Je lofe, j'abats ? On choisit de lofer, en espérant que notre amie n'a pas d'option marche arrière. On est passé, elle n'a pas refait surface. Désolée du dérangement, on ne faisait que passer.

     

    A+

    PYL

     


    5h27, 28 juillet 2012 - Christophe Coatnoan - Partouche (113)
     


    La journée d'hier avait bien mal commencé : de longues heures de molles dans une mer croisée de chez croisée, à vous empêcher le quart de repos de dormir son juste. Sur le pont, l'humidité, la vraie, avec un sale crachin et un ciel aussi bouché que bas. C'est sans doute comme ça que les pêcheurs partis pêcher ne retrouvaient pas leur bateau...

    Nous, on est bardé d'électroniques, de PC, d'AIS, de radar, autant d'instruments qui nous ont confirmé au fil de cette journée médiocre que notre option sud n'était pas la bonne... et qu'on n'était pas les seuls à avoir tricoté à l'envers. Finalement, en fin de journée, à l'approche de Saint-Pierre et Miquelon, le vent est rentré. Fort, même.

    Et la journée fut sauvée par un extraordinaire passage entre les deux îles en compagnie de Picoty, Red et Bleu. Sous d'énormes nuages noirs et gris, l'archipel est soudain sorti de la brume, tandis que la mer blanchissait. L'accélération fut si forte qu'on a du affaler le spi, entamant un somptueux bord de reaching au pied des falaises... Et c'est avec une lumière grise et orange de fin du monde qu'on s'est faufilé dans l'étroit passage entre Saint-Pierre et le Grand Colombier. Ouch ! Tout l'équipage était baba devant le spectacle...

    En empannant à la nuit tombée vers le sud  - à bord de Partouche, notre truc, c'est le sud, vous l'avez compris -, on a découvert les lumières de Saint-Pierre, sur notre tribord. Un court instant, on a été tenté de poursuivre notre périple gastronomique. Parce que oui, on peut vous le dire, maintenant : à Gaspé, avant-hier, une faim de loup nous a attirés au McDo, seul truc ouvert à cette heure-là. Quelqu'un a demandé : "Vous croyez que le big Mac est le même ici ?" Et le skipper a dit : "C'est petit spi", on a continué notre route, option sud encore. Ce sera pour une prochaine fois. En attendant, on pense bien à nos petits camarades arrêtés là-bas, courage les gars !

     

    NB : Depuis ce matin, c'est le pied : 20 noeuds, grand spi et plein soleil !

     


    5h11, 28 juillet 2012 - David Augeix - EDF Energies Nouvelles
     

    Bonjour la terre,

     

    En ce qui nous concerne, la pluie est revenue. D'abord légère et maintenant plus soutenue à l'approche de la dépression qui nous rattrape par l'ouest. Nous comptons en profiter pour accélérer et gagner un peu dans le nord. Le petit problème c'est que tout le monde doit avoir la même idée que nous. Qui sera le mieux positionne pour être rattrapé avec le meilleur angle et avoir la meilleure voilure pour avoir la meilleure vitesse?

    Verdict dans 24 heures. Ceci entant, ce n'est pas le seul coup stratégique que cette traversée nous a proposé et nous proposera encore. Les jeux ne sont pas encore tout à fait faits... et, contrairement au casino ou rien ne va plus, ici, tout va assez bien pour l'instant.

    À bientôt,

    David Augeix - EDF Energies Nouvelles

     


    5h00, 27 juillet 2012 - Simon Boivin - Journaliste du journal Le Soleil - EDF Energies Nouvelles (45)
     

    Dans la Transat, une majorité de marins professionnels, entièrement rémunérés et commandités, équipés de bateaux quasi neufs, font de la course leur métier. C'est à eux que le skipper David Augeix, qui course en amateur, préfère donner des sueurs froides. Lire la suite

     


    4h53, 28 juillet 2012 - Robert Patenaude - Persévérance (56)
     

    Bonsoir,

    au moment où je vous écris il est 1 h am vendredi, Tom et Antoine dorment avec leurs bottes et leurs vêtements de pluie. Je fais min quart de 2 h, nous relayons ainsi et lors de manoeuvre sur le pont tous se réveille, ainsi on a droit a 4 h de repos. Dehors le vent souffle a plus de 25 nts, il pleut, il fait froid, le taux d’humidité est à 100. Le bruit à l’intérieur du bateau est incroyablement fort, les vagues sur la coque résonnent comme un tambour. Demain ce front devrait être passé, nous attaquons l’atlantique nord plus au sud que pendant ma transat en double de juin, il y a un peu moins de dépression qu’il 2 mois ainsi les vents semblent favorables dans les secteurs vers les latitudes de 45 a 50, mais les prévisions météo c’est toujours l'incertitude donc on ajustera en cours de route. Ce soir on a mangé de la purée de pommes de terre en poudre mélangée avec du corned-beef et du ketchup, au gout on repassera, mais c’est consistant et ca "bourre"

    Salutations et xx

    Robert

     


    5h00, 28 juillet 2012 - Simon Boivin - Journaliste du journal Le Soleil - EDF Energies Nouvelles
     

    Dans la Transat, une majorité de marins professionnels, entièrement rémunérés et commandités, équipés de bateaux quasi neufs, font de la course leur métier. C'est à eux que le skipper David Augeix, qui course en amateur, préfère donner des sueurs froides...Lire la suite

     

     

  • 27 juillet

    * Pour ne rien perdre de l’intensité de ce que vivent les équipages et pour respecter l’esprit « international » de la Transat, les textes sont publiés dans leur langue originale
     


    23h51, 27 juillet 2012 - Erik Nigon - Vers un monde sans SIDA
     

    Bon et maintenant?

    Voilà la dépression nous a dépassés et nous nous retrouvons devant une nouvelle situation météo délicate...

    Monter plus au nord serait suicidaire avec des vents rapidement contraires et nous partons donc vers l'Est avec un soupçon de sud pour éviter une bulle sans vent. Le souci va être l’évolution du déplacement de cette bulle pour que l’on passe dessous sans trop rallonger la route. Ceci dit pour l’instant le vent ne nous laisse pas beaucoup le choix du cap, car il a largement adonné et nous ne pouvons faire mieux que du 100. C’était la séquence pour les spécialistes, ce qu’il faut décrypter c’est que nous avons ralenti fortement que la météo c'est compliqué et qu’on espère que ça va passer pour nous et pas pour les copains plus au sud tabernacle!

    Il est 5h du mat Paris s'éveille et ici autour de minuit c’est le silence a bord. Samy et Vincent sont au chaud, Philippe fait une veille active sur le pouf a microbilles au fond du cockpit et moi je suis a la barre virtuellement avec le pilote automatique en mode vent réel à 151°

    J'en profite donc pour vous décrire en quelques lignes ce fier équipage dans la pure tradition maritime mixant les différences entre deux Charentais (la crème des meilleurs...) et deux Arcachonnais (le meilleur de la crème!) et bien évidemment sans parti pris!

    On va le faire de manière énigmatique, mais chacun reconnaitra les siens...Il y en a trois qui regardent et un qui cause pour 4. Il y a la bête à base de titane, l’ange blond qui bondit de trampoline en tête de mat, le vrai sportif qui dit toujours oui quand il y a quelque chose à manger (ben ouais) et le patron qui passe son quart sur son ordinateur (c'est parce que le pilote il barre mieux que moi la nuit!)

    Il y en a un qui fait a mangé et planque le saucisson et le chocolat et trois qui manigancent des trucs pendant que le premier dort. Il y en a deux a la table a carte, un qui cause (oui oui toujours le même) et un qui se demande pourquoi il est la en envoyant des courriels a sa chérie. Attention cela ne veut pas dire que les autres ne pensent pas aussi tous le temps a leur chérie (surtout quand il caille qu’il fait gris et qu'on n'avance pas). Il y a un blond, deux bruns et un gris.

    On est 4 du plus petit au plus grand, mais le petit n'est pas ténieux et le grand n'est pas bête. II y en a un qui est tombé dans le chaudron quand il était petit et un qui s'est pris le chaudron du premier (la ça devient compliqué)

    Il y a deux bizuts sur une transat en voilier de course et deux vieux loups de mer, dont un pas vieux

    Il y a the king of the pinassote, le master of the plache a voile, the prince of the Hermione and the deménageur de pirogue de l'extreme

    Mais bon il y a surtout 4 potes qui sont dans un 5m carrés sans confort et qui ne se sont pas encore engueulés en 6 jours de course

    bonne aller je retourne voir mon pilote

    À plus

    Vers un monde sans sida

     


    22h49, 27 juillet 2012 - Louis Duc - Avis Immobilier (47)
     

    Escale technique express à St pierre la nuit dernière!

    En approche le long de Miquelon hier soir, une manoeuvre un peu laborieuse dans un mauvais grain nous as couté la perte de notre petit spi et déralingué le zip du solent, nous avons donc décidé de faire une escale technique à Saint-Pierre pour remettre notre voile d'avant, mais aussi pour sécuriser la réparation du grand spi (désormais le seul) faite en mer la nuit précédente.

    Aussi tôt débarqué vers minuit, l'équipe de l'école de voile nous a pris en charge, le spi est parti en voilerie pour être passé à la machine (comme dirait Alin Souchon), nous avons démonté le Solent pour le remettre en ordre sur le plancher, bricolé le Zip quelques surliures, et remis en place la voile.

    Tout l'équipage s'est afféré toute la nuit pour tout remettre en ordre le plus rapidement possible, ce qui nous a permis de repartir au petit matin.

    Un grand merci à l'équipe de Saint-Pierre qui nous a dépannés en pleine nuit, alors que du boulot les attendez le lendemain!

    Nous avons eu la surprise en arrivant là-bas de tomber sur notre concurrent transport cohérence, class 40 de Benoit Parneaudau qui s'arrêter pour réparer un safran, équipage avec lequel on se bât à vu régulièrement depuis le départ... Ils ont pu repartir quelques heures après nous.

    Nous venons de dépasser la longitude du Cap race, pointe de Terre-neuve, ou une nuit agitée nous attend sur les bancs...

    Louis Duc

    Avis Immobilier

     


    18h29, 27 juillet 2012 - Thierry Bouchard - Comiris-Elior (83)
     

    Bonsoir,

    le soleil se couche sur le 6e jour de course le soleil, on l'a très bien vue aujourd'hui. On a pu faire sécher nos lessives ça nous fait du bien à nous sudistes de voir un peu de bleu près les brumes de Saint-Pierre et la flotte de ces derniers jours ce parcours dans le Saint-Laurent puis dans le golf du Saint-Laurent pour finir encalminé une bonne heure entre Saint-Pierre et Miquelon a échangé sans se comprendre quelques mots avec un pécheur, ce parcours me fait penser à la mise en pratique d'un guide côtier.

    J’imagine que l'organisation a dû se dire on va leur faire aimer nos paysages et leur donner l'envie de revenir et bien à moi c'est ce que ça me fait, on a quand même de la chance de passer dans ces coins. Pour l'instant, coté voyage, paysage, mes vacances sont réussies.

    Côté course : on était contents de nous et puis on a eu un sale passage à vide entre Gaspé et Saint-Pierre et là c'était moins la belle vie. On a fini par trouver un gros morceau de bois dans la quille bien collé contre la coque et dont la forme embrassait le voile de quille... depuis quand était-il là? Une bonne grosse marche arrière nous a permis de nous en débarrasser nous avons ensuite passé Saint-Pierre péniblement pour toucher du vent fort sous spi la nuit dernière, et là on n'a pas molli et on s'est fait plaisir dans des surfs jusque 20 nds c'était super on s'est senti revenir dans le match être au contact de la mare et des gaziers. et pis la patatras, la tack line du bt dehors qui pète, alors qd y a 15 nds et que t'es au portant sur ce cannots et que tu te les glande sous GV pour réparer tes machins qd les autres sont sous spi, eh bn tu prends des milles et c’est comme ça, c'est la vie de la course... et comme dans satanas et diabolo et les fous du volant sur leurs drôles de machines, nous voilà de nouveau dans la course

    Donc pour mes vacances sur un bateau, je dirai le dépaysement le voyage, tout ça super et merci aux québécois et pour le coté course, on va dire qu'elle n'est pas finie.

     

    Tout va bien à bord

    Gilles à bord de Comiris Elior

     


    17h44, 27 juillet 2012 - Michel Kleinjans -  Roaring Forty 2
     

    Bonjour à tous, finalement un peu de nouvelles de Roaring Forty, si cela pourrait intéresser des gens, évidemment

    Après avoir trouvé tous les trous sans vent du Saint-Laurent, on avait hier soir encore trouvé la dernière entre Saint-Pierre et Miquelon, et comme c'était plein de brouillard o n’a même pas pu admirer le paysage.

     Donc après avoir eu le plaisir de sentir la m""""de des oiseaux sur l'ile colombier, on a finalement pu hisser le spi et partir à la chasse, le vent montait jusqu'a 28-30kn dans les rafales et après +/-3heures de foncer comme il faut, le spi décidait qu'il n'aimait pas et explose, enfin le point d'amure était arraché bon commencement de la traversée, une heure de travail pour ramasser le tout et remettre de l’ordre et reparti sous gennak, pas terrible comme le vent descendait d'un cran.

    Ce matin on a à nouveau hissé le même spi, heureusement qu'il avait un ris, mais c’est tout de même un handicap, donc quand le vent a molli avant midi TL, on a remis le grand spi et attaqué la réparation du point d'amure qui vient tout juste de s’achever, parfois bon d'avoir des maitres voiliers a bord,

    21.1 TU, le vent commence a mollir, on a lofé d'un cran et on regarde pour plus de vent demain, comme le clos reaching est plutôt notre forte, ce n'est pas du tout encore jeu fait, mais on se rend bien compte que notre début de course n'était pas tout à fait comme on l’avait imaginé, note positive, nos petites misères de cette nuit ont plutôt soudé l’équipe, ce qui est prometante pour le futur proche

    bonsoir a tous

    PS: hier matin on a encore eu un major crash de l’ordinateur, mais heureusement que Axel est assez fort là-dedans et il a réussi a remettre tout en ordre, dommage que dans l’action d'ouvrir l'ordi, la poste de l'iridium est tombe dans les bigles, donc plus de mode « voix » avec la terre, on a encore l'iridium portable évidemment, mais cela n'est pas si pratique dans l'utilisation quotidienne.

     

     

    11h56, 27 juillet - Erik Nigon - Vers un monde sans SIDA (56)

     

    Plus tu vas vite, plus tu vas vite!

     

    Et donc on va le plus vite possible pour rester le plus longtemps possible dans cette belle dépression pas trop creuse qui nous pousse vers l'Irlande.

    On a réussi à l'accrocher en sortant de la dernière péninsule canadienne et depuis on est à fond pour qu'elle ne nous distance pas trop vite, cela nous permet de garder un angle assez fermé par rapport au vent et de la pression entre 25 et 33nds. Angle fermé veut dire vitesse et pression aussi et donc plus on va vite plus on va vite! Vous voulez que je reprenne pour ceux qui ne suivent pas??

    Le jeu c'est d'aller là où il y plein de vent, du ciel gris, des grains, de la mer qui bouge mais à la différence du golfe du saint Laurent c 'est d'avoir le vent qui pousse. Bref on arrive avec le sale temps pour les terriens mais qui est exactement ce qu'on était venu chercher dans l'atlantique nord... enfin je l'avais pas mis sur la brochure et certains membres de l'équipage nt sur les vacances en bateau avec Erik.

    Imaginez le ciel qui se confond avec la mer (non pas bleu, ...gris!), les vagues qui déferlent légèrement comme de la mousse qui dépasse le bord de la choppe de bière lors de la fête à Munich (donc ça fait un paquet de moutons...), le vent qui souffle dans vos oreilles couvertes de 3 bonnets (un en duvet pour le confort, un en goretex pour le respirant et un en néoprène pour l'étanchéité) et malgré les épaisseurs, le froid mordant du brouillard qui vous fige les tympans sur les gémissements de la structure du canote (brrrrrr!).

    Imaginez 2 lémuriens dans leur duvet humide (toujours les mêmes) et deux martiens sous la lance d'incendie et sous eux une joie pirogue à balanciers qui essaie de libérer les flotteurs de sa coque centrale afin de goûter à la liberté (depuis qu'elles on vu sur Thalassa qu' il y a des pirogues avec un seul balancier (demandez à Lalou les aventures en prao).

    Ah oui j'oubliais une autre bonne nouvelle, il n y a pas de porte des glaces à respecter donc pas d'iceberg sur le route donc on peut continuer de faire du nord en suivant l'orthodromie (chemin le plus court donc courbe car prenant en compte la forme de notre chère planète) et donc on va continuer à avoir des nuits courtes mais revitalisantes.

    Donc on s'éclate (moi en tout cas) et plus on gardera le ciel gris et les vagues et le vent plus ça va être fun!

    Voila les pâtes sont cuites pendant ce temps et je vais aller servir les gars et me remettre dans mon duvet avec mon iPad...

    A très bientôt

    Erik et les gars de la marine sur son joli voilier militant 

     


    10h33, 27 juillet – Benoît Parnaudeau – Transport COHÉRENCE (17)

     

    Et c'est reparti après une escale de 12 heures à St Pierre. Nous sommes arrivées à 20 h locale dans un vent soutenu. Là quelques St-Pierrais nous attendaient. Direction le club de voile à 50 m de Transport COHERENCE pour attaquer la réparation. Vers 23 h arrivée de Ptit Louis (Avis Immobilier) avec qui nous avions navigué dans le St Laurent Ah salut toi ça va? Ouais moi ça va et toi...

    A 2 h du mat, la réparation était finie, il suffisait alors d'attendre que la colle sèche.

    Le climat étant rude par ici, la colle était donc de la colle rapide. Nous avons pu dormir 3 heures.

    A 6 h, nous sommes allés voir notre travail et avons pu remonter le castaing tribord et son safran. A 8 h nous reprenions la mer. Ce genre de pit stop est bien sûr dur pour les nerfs et la fatigue mais nous avons été reçu comme des princes dans des conditions idéales pour réparer.

    Encore merci à nos nouveaux amis, et pour ceux que cela intéresse il y aura des images demain sur la1ere.fr.

    Maintenant nous allons bosser la météo en espérant que cela nous soit favorable.

    Bises de tout l'équipage

     


    10h31, 27 juillet – Jacques Fournier – Groupe Picoty (85)

     

    Adieu St-Pierre et Miquelon

    L'été à St Pierre et Miquelon un jeudi 26 juillet 2012, c'était  ,au moment où nous l'avons passé, bien froid, brumeux et très venté comme certainement 364 jours de l'année. C'est bizarre il n'y avait aucun spectateur. Enfin pas fière, car nous venions de rentrer le grand spinnaker, sans l'abimer, après une survente à 30 nœuds dans le canal séparant les deux îles quand notre ordinateur s'est mis à« buger », nous privant de carte de navigation dans le passage à Henri. C'est un passage de 300 mètres de large entre une petite ile déserte le Grand Colombier et le Nord de St-Pierre. Seul notre souvenir des lieux ,dans le brouillard, vieux de 4 ans, et le passage en même temps que le concurrent québécois Luc Tabardel nous a permis de passer sans encombre.

    Nous étions, de plus, un peu dans le « Rouge » car la fatigue de ces 4 premiers jours de Course s'est accumulée.

    Enfin nous voilà sortie relativement groupé  de ces îles  rendant encore la course très ouverte.

    Heureusement car même si nous avions réussi à prendre l'avantage sur 3 bateaux, c'est deux autres venant de très loin en arrière de la course qui nous ont grillé la politesse.

    Pas simple cette première partie de la course et les variations du classement on été incessantes et pas très à notre avantage.

    C'est une course purement de vitesse qui s'ouvre pour les prochains jours.

    A bord l'on commence à s'organiser pour récupérer en sommeil car la matinée a été laborieuse pour définir notre trajectoire de course. On sent que les capacités intellectuelles sont bien affaiblies.

    Petite frayeur pendant la réaction de ces lignes avec un choc très sec de notre quille sur un objet non identifié. Pas de dégât apparent constaté.

    Donc déboulé sous spinnaker depuis ce matin pour gratter quelques places. Soyons ambitieux, avec le gain d'une place par jour, ça donnerais quoi?

    Bises à tous de l'équipage

     


    10h20, 27 juillet – Stéphane Le Diraison – IXBLUE (109)

     

    Les îles de la Madeleine, Saint-Pierre et Miquelon, Terre-Neuve, autant de lieux qui ont excité la curiosité des marins d'antan et qui continuent à faire rêver aujourd'hui. Pourquoi ? Le parcours incroyable de la Transat Québec Saint Malo nous permet d'avoir aujourd'hui de solides arguments pour répondre !

    Imaginez qu'après une navigation éprouvante dans la brume et le froid soudain surgit à l'horizon une île magnifique, totalement naturelle, la lumière ambiante sublime est composée de nuances de gris, de bleu, de rouge. Les odeurs de végétation vous emplissent les narines quand apparaît une baleine à 10 m du bateau !!!

    Ne croyez pas que notre navigation s'apparente à de la croisière découverte, loin de là ! Simplement l'intensité de la course exacerbe ces moments privilégiés car depuis le départ nous n'avons pas molli et nous avons même utilisé toutes nos ressources pour remonter notre retard et avoir le plaisir de passer deuxième hier à Saint-Pierre et Miquelon !

    Après l'arrêt forcé dès le premier jour de course dans les calmes de l'île qui porte un nom désormais indicible à bord, nous avons eu de très nombreux obstacles à surmonter et ça n'est pas fini. Hier soir, surpris par une rafale notre grand spi se disloquait lamentablement. Désormais amputé d'une partie du potentiel du bateau, nous naviguons en évitant les zones de vent inférieur à 15 nœuds. A cette heure, le spi sèche et nous allons tenter de le ramener à la vie avec les moyens du bord !

    Cette nuit le vent a soufflé fort et les combinaisons sèches étaient de sortie : l'eau glaciale s'écoulant du Labrador saisit les visages et crispe les mains gelées quand la mer formée déferle sur le pont. Heureusement le soleil a pris le relais, nous pouvons désormais faire sécher nos vêtements et réchauffer notre peau....

     


    7h05, 27 juillet  - David Augeix –  EDF Énergies Nouvelles (45)

     

    Bonjour la terre,

    Cette nuit, cela a été rapide sous petit spi et 1 ris à nouveau Des pointes à 20 nœuds, de la tension à la barre, le bateau qui vibre et qui frissonne... Le tout sans lune, dans la nuit noire mais sous une belle voie lactée. C'est pour des moments comme cela que l'on fait ce genre de choses.

    Nous nous sommes relayés avec Jeff et Rémi à la barre.

    On croise avec Roaring Forty 2, tout aussi rapide que nous en milieu de nuit.

    Actuellement, on voit les derniers bouts de terre pour un moment car avant la France... ou l'Angleterre, ce sera du bleu partout autour.

    A bientôt.

     


    6h16, 27 juillet - Jörg Rierchers – Mare (115)

     

     

    Like I said yesterday, one of the things I enjoy most about racing is the ease with which  fortunes are reversed.  After a very hard day losing miles yesterday, and the terminal death of our big kite just after rounding the scenic if not incredibly touristic St. Pierre, we were thinking we were done for...  Fortunately the breeze filled in to strength more to our liking and we spent the night kicking ass in winds up to 30 knots.  We were down to 2 reefs and the small kite with a reef as well, but every reduction of sail only made us faster.  We have managed to get from 9th back to 3rd, having made up 30 miles overnight. 

    As you can imagine, for the yacht designer to be on board and surfing along in perfect control, Sam Manuard is a very happy boy, not to mention an excellent helmsman.  We are learning more and more about this beast, and are discovering that there is much more potential to come....

    Here is to reeling in Geodis and Campagne de France. Sailing along in the sunshine, on a short confused sea, and happy to be in the Altantic finally.

     

     

    5h00, 27 juillet 2012 - Simon Boivin - Journaliste du journal Le Soleil - EDF Energies Nouvelles (45)

     

    Il arrive, au large, que de petits oiseaux égarés viennent se poser sur le bateau. Épuisés, c'est souvent pour venir y mourir. Lire la suite.

     

  • 26 juillet

    * Pour ne rien perdre de l’intensité de ce que vivent les équipages et pour respecter l’esprit « international » de la Transat, les textes sont publiés dans leur langue originale
     


    14h40, 26 juillet 2012 - Jorg Riechers - Mare (115)
     

    One of the things that I like most and least about yacht racing is how quickly fortunes can change.  Right now, despite all the birhday wishes from all around he world and the good karma I would think that would bring, we are bleeding miles to the new leaders.

    The funny thing is, a one point we were something like 40 miles ahead of the 2nd place boat, and that was only a day or so ago.  In fact,  one of the boats now ahead was 90 miles behind us at one point.

    Why?     22meters of hand stitching in our big kite for one.  Repairing the bowsprit for 8 hours for another.  The lack of sleep and distraction of all that is probably the biggest nail in our present coffin.

    Or maybe it is  just down to some bad luck with an amorphous weather system that did not cooperate with the best our brilliant tactical minds could throw art it.

    The good news is that we still have 3000 miles or so to mke up our 30 mile deficit, and a strong boat and crew.

    Perhaps my birthday good cheer will kick in as we get into the atlantic.  

    Thanks for all the messages everyone, and wish us happy hunting.

    R and the Mare team

     


    13h40, 26 juillet 2012 - Erik Nigon - Vers un monde sans SIDA (56)
     

    Brumes, brouillards et pluie

    T'as voulu voir Saint-Pierre, on n’a pas vu Miquelon comme aurait pu dire le grand Jacques! On a réussi l'exploit de passer dans le chenal entre les 2 îles et on n’en a pas vu le bout d'une. Pourtant on est passé à un mille de chaque côte...

    Le comité de course nous a capté à la vhf mais n’a pas réussi à nous voir...
    Les conditions météo sont disons désagréables, on ne sait pas si on a pris depuis hier après-midi plus d'eau douce ou d’eau salée sur la figure et pour ceux qui connaissent le trimaran dans plus de  20 noeuds de vent et mer formée c'est "humide"! Nous n’avons pas encore pris de rythme avec des quarts régulier, mais on arrive à faire des repas chauds et on a préservé les couchettes et les duvets, donc les hors quart arrivent à sommeiller même si secoués comme à la fête foraine.

    La fin de nuit a été rock n roll avec du vent à 25 nœuds une mer formée toujours très courte et des bascules de vents sauvages de 50 degrés, on a pu ainsi tester quelques virements et empannages involontaires mais parfaitement contrôlés ... hum hum....

    Nous avons eu une pensée forte pour les marins qui venaient à la voile pêcher dans le coin, les doris dans cette mer ça devait être assez terrible. En tout cas, on a vérifié que ce qui se raconte dans les livres à sa vérité, chapeau les marins nous on est juste là pour le plaisir et on se force un peu pour apprécier le bonheur de "vis ma vie" pour quelques heures. Nous sommes maintenant en trace directe pour sortir des dernières péninsules qui couvrent notre nord. Encore 100 milles et on aura le choix de la route dont on garde encore le secret ... car pas encore regardée. La bonne nouvelle c'est que l'on devrait avoir du portant dans qq heures et donc on va pouvoir arrêter l’ambiance shaker.

    Depuis 2 jours on fait marcher le bateau à la limite de ce que l'on pense être raisonnable pour ne pas le casser, donc on a le pied sur le frein.
    Par exemple, on ne dépasse pas les 13 / 15 noeuds au près bon plein pour éviter de décoller sur les vagues car l’atterrissage est un peu violent.

    Pour l'instant et je touche du bois, on a juste un winch qui casse ses cliquets donc rien de grave, faudra juste réparer dès qu'on sera plus cool...

    Voilà pour les news, ciao le Québec, prochaine marque à passer le Fastnet au sud de l'Irlande
    À très bientôt

    Erik et l'équipage du voilier au ruban rouge   

     


    10h48, 26 juillet 2012 - Georges Leblanc - Océan Phénix (8)
     

    Les deux derniers jours ont été très actifs sur Océan Phénix avec les 30 nœuds rencontrés après le passage à Forillon.

    Avec des pointes de 22 nœuds, l'équipe a pu tester l'étanchéité de ses vêtements aux embruns soulevés par la proue qui fendait les vagues.

    À l'approche de St-Pierre et Miquelon, le vent a cédé sa place à la pétole. Océan Phénix se fait brasser par la houle, qui elle, demeure.

    La pétole permet de faire ressortir le Monsieur Bricole qui sommeil en nous. Les équipiers en profitent pour ranger l'intérieur et vérifier l'état du bateau. Les moments de vents plus stables permettent de faire se reposer les équipiers, qui parfois, sont très sollicités.

    La distance de la côte ne permet plus aux équipiers de communiquer avec leurs familles et amis. Ils devront suivre les nouvelles sur www.georgesleblanc.com et sur les médias sociaux.

     

    Georges Leblanc

    Skipper

     


    9h57, 26 juillet 2012 - Jacques Fournier - Groupe Picoty (85)
     

    Que va t-il sortir du chapeau à St-Pierre et Miquelon?

    Vu notre position au sortir du St-Laurent,  il nous fallait croire que les surprises n'était pas finies pour conserver toute combativité. C'est donc le cœur à  l'ouvrage que nous avons quitté l'Île- Bonaventure à la pointe est de la Gaspésie direction St-Pierre et Miquelon.

    Brise de Nord Ouest et nous voilà rapidement sous grand spinnaker, puis Spinnaker de brise à surfer à 15-18 nœuds toute  la  nuit. Le premier objectif fût de recoller à un groupe de 4 bateaux qui nous précédait. Au passage nous assistons à un joli départ au lof d'Océan Phénix, le grand 60  pieds de Georges, mât parallèle à l'eau et spi en lambeaux. On ne connait pas la suite mais certainement de belles frayeurs à leur bord.

    Comment aborder les côtes de Terre-Neuve? Nous savions que c'était un nouveau sujet à se faire piéger. Donc prudence car nous avions assez subit de revers dans le St-Laurent. Stratégie: revenir dans le paquet et ensuite adopter une position que nous avons appelé « d'embuscade » tant elle restait incertaine.

    Toute la nuit  fût donc très combattive, ne lâchant rien et passant toutes les voiles en revu du Code 5, code 0, solent, retour à spinnaker, puis l'inverse, etc … Bilan, quelques 80 milles  gagnés en moins de 24 heures sur les bateaux de tête et un regroupement  dans un rayon de 20 milles de plus des 2/3  de la course.

    Pourquoi? Et bien une zone de dévent sous Terre-Neuve  dû à un petit centre dépressionnaire. Le jeu est à nouveau ouvert, l'ensemble des bateaux est tombé dans cette zone  et nul ne sait, je pense, comment il va en sortir.

     

    Le Team Groupe Picoty-Lac de Vassiviére, Dekra

     


    9h09, 26 juillet 2012 - Louis Duc - Avis Immobilier (47)
     

    En route vers le sud de Miquelon pour aller contourner St-Pierre, où nous devrions passer en fin de soirée.

    Nous sommes contents d'être sortis du St-Laurent, qui bien que plus rapide que 4 ans auparavant n'aura pas été faciles, nous avons vu la flotte partir très loin devant alors que nous étions scotchés à l'ancre au niveau de l'Île Rouge, dure pour le moral…

    Cet écart s'est complètement dissipé en arrivant en Baie de Gaspé où nous avons retrouvé nos amis de Transport Cohérence avec qui nous nous battions avant l'Île Rouge, les conditions météo au contournement de la Gaspésie ont été très favorables pour les bateaux retardataires: la flotte naviguait au près dans du vent fort, alors que nous déboulions au portant... PECAB!

    Hier, une très belle journée passée sous petit spi et 2 ris le bateau tout le temps au-dessus de 15nds, et de long surf à plus de 20! Ça fait bien plaisir et ça dégourdit un peu les appendices (du bateau).

    Ces beaux surfs nous ont coûté notre grand spi un peu après le passage de rocher Percé, qui a éclaté au point d'écoute!

    Nous avons travaillé toute la nuit pour le réparer, nous attendons des vents plus calmes pour le verdict de l'envoi...

    Une réparation comme ça est un peu laborieuse à bord, mais j'ai déjà vu un spi réparé, tenir toute une Transat Jacques Vabre, en compagnie de Jean-Edouard Criquioche, qui d'ailleurs en profite pour nous passer devant en ce moment!...

    Nous avons d'abord imaginé faire un arrêt à St-Pierre pour réparer, mais c'est laisser filer les autres et on en a pas l'intention, cette mésaventure nous coûte 2 places aujourd'hui, nous sommes pénalisés depuis hier soir sans cette voile en chantier.

    Cet incident est maintenant derrière nous, mais va vraiment falloir naviguer intelligemment pour la préserver...

    Bientôt l'Atlantique!!

    Louis Duc

    Avis Immobilier

     


    8h42, 26 juillet 2012 - Robert Patenaude - Persévérance (56)
     

    Je m’excuse du retard à donner des nouvelles, je suis peu habitué à ces systèmes de com, mais je m’habituerai d’ici St-Malo. Alors, nous voici à la 4ieme journée en mer, mon équipage se porte bien, j ai dormi 3 heures cette nuit, enfin je  récupère!

    À 3 c’est un peu juste, un équipier expérimenté supplémentaire aurait été le bonheur,  surtout lorsque nous naviguons sous spi.

    Le début de course fut passionnant, un peu de tout, la première journée nous avons fais 25 empannages sous spi dans un vent de 25 knt pour finir avec 0 vent pendant 16 heures!!

    Devant le Saguenay, sans vent, le courant de 4 knt nous déportait dangereusement sur l’Île Rouge, nous avons mis l’ancre dans 45 m de font avec plusieurs câblages, drisses, écoutes, pour un total de 200m des câblages.

    5 heures plus tard le courant a changé, nous sommes repartis sous spi et nous avons passé la bouée de Rimouski avant 2 autres concurrents!! Tout un travail de Tom et Antoine. Le lendemain, nous avons littéralement éclaté un  spi tout neuf, 3000 euros en lambeaux!! Mais heureusement l’euro est en baisse!!!

    Nous avons déjeuné ce matin avec une centaine de dauphins et 2 grosses baleines bleues, les crêpes au sirop d’érable ont attiré tout ce beau monde!!

    En  ce qui concerne la course, les concurrents sont de vrais pros, pas de place à l’erreur!!!

    Ça va mal pour nous, nous avons perdu la dernière position aux mains de Proximedia, étant dernier, ça  avait l’avantage d’enlever la pression, car on ne peut aller plus bas au score!!!

    On remonte, on persévère, mais nul doute, le plus important est que la TQSM nous offrira milles souvenirs que nous garderons au fond d un tiroir de notre mémoire.
     

    Robert Patenaude

     

     

  • 25 juillet

    * Pour ne rien perdre de l’intensité de ce que vivent les équipages et pour respecter l’esprit « international » de la Transat, les textes sont publiés dans leur langue originale

     


    14h51, 25 juillet 2012 - Benoit Parnaudeau - Transport COHERENCE (17)
     

     

    Passage juste au nord des îles de la Madelaine alors que le Saint-Laurent avait tenu toutes ses promesses sur un air d’accordéon que le soleil, le vent et les vagues étaient au RDV pour des surfs à 20 NDS. La réparation sur le safran tribord effectue à Québec n’a pas tenu ce dernier est toujours en place, mais il bouge dans tous les sens. Aussi espérant ne pas aggraver son cas nous avons réduit la voilure nous envisageons une escale à St-Pierre pour pouvoir réparer et continuer la course

    Bises A+

    Ben un peu vert

     

     

    13h31, 25 juillet 2012 - Mare - Jörg Reichers
     

    So just as night fell yesterday, we heard a funny pop;  we bore away and looked around, only to find nothing.  Unfortunately when we came back up and the bowsprit broke, it became quickly apparent that nothing was actually quite important.

    Two little pieces came unglues, alllowing the ropes attached to the sprint to move, andthereby applying the uneven pressure which caused it to fail.

    We managed to get the gennaker down without rolling it orr causing more damage, and then set about getting the sprit off the front of the boat  

    A half hour of untying knots later by the light of a headlamp, the we managed to go get the broken piece under the roof.  Did I mention the rain had begun?

    Just in time to do all the grinding and sanding in the cockpit.  Donning my 1000 euro HPX whitesuit to keep the carbon off, I se to work.   We cut the damaged section off the nosepiece, and off of the body of the sprit.  Then we glued two pieces of fiberglass plate in place top and bottom,

    Watching from the exterior one might have been tempted to laugh at me falling asleep  repeatedly while holding the newly glued pieces over the Jetboil in an attemt to get the glue to dry quicker.  Perhaps it was the carbon monoxide.

    In any case, no one was burned(badly) and the boat did not catch on fire;  a final wrapping of carbon cloth, peel ply and tape, and We went to sleep while the epoxy cured.

    This morning, the bobstay and tacklines were respliced to account for the now 1 foot shorter sprit, and the kite reset off the bowsprit.  Success, and now just to stay in front of the others, who fortunately for us also had a slow night....

    Perhaps today we can avoid any more repairs.

     

    Ryan


    10h49, 25 juillet 2012 - Erik Nigon - Vers un monde sans SIDA (56)
     

    Niaise moé pas le vent!

    On ne peut pas dire qu'on peut la jouer cool dans le coin. Après 36h de conditions de vent, on va dire soutenu et surtout avec une mer en bouilloire qui a mis à mal (de mer) les 3/4 de l’équipage, on se retrouve à nouveau dans de la molle à la sortie du golfe du Saint-Laurent.

    À l'instant précis, c'est à dire 14h TU (16h pour la France et 10h à Québec pour ceux qui ont la flemme d'aller regarder sur Google...) nous avons 0 noeuds de vent depuis une heure et un reste de clapot à vous avaler les tablettes de Mercalm comme on engloutit les pichets de Belle Gueule sur les bords du bassin Louise!

    À et puis j'oubliais, il pleut, ça hésite entre crachin breton et averse gaspésienne ce qui fait qu'on commence à mijoter doucement dans la combinaison sèche et que je vais bientôt donner consigne de l'enlever avant de rentrer dans le bateau et même si ça tombe dru. C'est pas difficile, on n'arrive plus à sentir le doux remugle des saucissons qui pendent accrochés au coupe circuit moteur!

    Côté course croisière on a un peu râlé quand il fallait tirer des bords dans 25 noeuds et la marmite locale pour aller à Gaspé et Percé mais quand on a découvert la côte (oui à 200m sinon on voyait surtout la pluie et la brume) on a été soufflés, c'est absolument magnifique, Gaspé avec ses coteaux tout en nuances de vert du plus lumineux au plus profond et la Roche Percé, bien cachée avec son île à côté et ses myriades de volatiles diverses ... Et c'est ti pas magique quand vous tournez la marque de Gaspé que le comité de course (bravo les gars pour venir nous pointer et saluer, un par un, aux marques de parcours dans vos cirés sur les zodiacs!) vous préviennent : attention en repartant il y a 3 baleines bleues sur la route ...
    Ensuite entre Percé et le sud des Îles de la Madeleine, on a bien reçu la mer et le vent. On est resté sous toilé pour ne pas tout casser dans une mer croisée et courte comme on trouve en Iroise ou dans le Golfe de Biscai (là je ne vous aiderai pas, à vous de trouver...)

    Depuis, on oscille entre pas de vent et reaching léger et il nous reste 145 milles pour arriver à Saint Pierre, dernière marque de parcours avant de prendre le large...

    À part les deux qui ont du mal à profiter de la nourriture diététique du bord et qui mangent tous mes Mercalm, (moi ça marche toujours aussi bien, la preuve j'arrive même à écrire un carnet (je fais le fier mais les 24 dernières heures m'ont vu on dira sans inspiration)) on est en forme (comme des fêtards qui ont enchainé 3 nuits de danse sur mon clapot) et le moral va sûrement remonter (encore plus haut!) quand le vent va revenir.         
    À bientôt, pour la suite, je vais aller chercher un fichier météo pour essayer de comprendre la situation des prochaines 24h.
    Amitiés à tous et on va veiller à ne pas se faire trop niaiser (avec l'accent) par le vent.

    Erik et sa bande qui vogue vers un monde sans sida.   
     


    10h47, 25 juillet 2012 - IX Blue - Stéphane Le Diraison (109)
     

    Connaissez-vous l'Île aux Lièvres ? C'est une île magnifique dans l'embouchure du Saint-Laurent, mais c'est aussi le cauchemar du régatier. Nous aurions dû nous méfier de cette île qui porte un nom louche. Après avoir passé la première marque de course avec une solide avance, nous avons eu le temps de savourer le paysage, arrêtés sans vent pendant des heures, alors que nos concurrents nous dépassaient tous inexorablement par le sud. Des loups de mer saluaient de hurlements sauvages et inquiétants notre escale inopinée.
     
    Seulement 15 heures après le départ, pas simple de repartir avec une balle dans le pied ! La course rime désormais avec remontée : notre pointage du jour en 6ème position récompense l'énergie que nous avons déployée pour revenir dans le match !
     
    Je passe sous silences les problèmes divers et variés : rupture du bras du bout dehors un quart d'heure après le départ, électronique du bord défectueuse, rupture de la drisse de solent. Le bateau commence à souffrir d'une saison dense.
     
    Tout cela relève de l'anecdote quand dans la baie de Gaspé nous croisons une baleine bleue, ou encore des phoques entrain de pécher au large de Sainte-Anne-des-Monts et surtout, en regard des paysages sublimes qui jalonnent le parcours ! Pour ne rien gâter les couleurs sont extraordinaires - magique !!

     


    10h47, 25 juillet 2012 - Denis Van Weynbergh - Proximedia (42)
     

    Bonjour à tous,
     
    Le Saint-Laurent nous laissera des souvenirs inoubliables et des images pleins la tête. On a tout eu! Du portant à fond, de la pétole type côte d'azur, à un détail près, on était entouré de baleines et de phoques pendant 10 heures. C'est sûr, on en trouve aussi sur les plages méditerranéennes, mais ce ne sont pas les mêmes... (autant pour moi). Hier soir, un sublime coucher de soleil avec le bateau SevenStar en toile de fond (oui, oui, en toile de fond, il était bien derrière nous!). Et ce matin, un non moins sublime passage à Percé. Après cela, un tout bel envoi de spi...Et lorsque l'on est sortit pour le changer, au moment d'aller sur la plage avant...Craaac!!!!, le spi en deux morceaux, deux pour le prix d'un... Là c'est sur, " Y va moins bien aller"! La morale du jour: " À force de vouloir envoyer du bois... On se prend une bûche...".
     
    Bien le bonjour de la part de Proximan, des ProxiBoys et de tout le bazaaar.
     


    8h44, 25 juillet 2012 - David Augeix - EDF Energies Nouvelles
     

    Salut à tous,

    Hier soir, plutôt pénible: devant le Cap Gaspé, dans du courant et de la mer formée, sana vent... à dériver.
    Ce matin, c'est mieux: petit spi et GV à 1 ris, bord à bord avec Partouche, Red et Bleu, chassés par Ocean Phénix, ça file en eau libre.

    On est partis à la chasse... la chasse à ceux qui sont allés plus vite que nous dans le Saint-Laurent et qui sont devant.

    La mer s'est organisée, les pointes de vitesse dépassent allégrement les 20 noeuds, ça va vite, très vite. Bon tout cela ne durera pas, une fois la dépression rattrapée, ça va tamponner par devant pour nous aussi.

    David, EDF Energies Nouvelles

     


    8h05, 25 juillet 2012 - Georges Leblanc - Océan Phénix (8)
     

    Lorsque les rafales se font sentir, l'indicateur de vitesse s'affole! Nous sommes tous contents de voir défiler sous nos yeux fatigués les villages illuminés comme si nous les biffions sur la carte électronique de l'écran fixé à la barre à roue. René, caméra à la main, sous les lumières des lampes frontales, filme l'action qui se déroule au cockpit avant que nous arrivions à Matane, la prochaine et troisième marque de parcours.  Les 45 milles nautiques que nous parcourons à bonne vitesse nous réconcilient avec la performance recherchée. Pierre lance un appel VHF au comité de course de la transat pour les informer que notre passage sera devancé. Il demande une confirmation de la position de la bouée. L'officiel répond que la bouée est au large du quai et que les gens du comité sont sur un bateau à l'ancre entre la bouée et le quai et que nous ne pouvons les manquer. Pierre répond à la blague: "Nous avons votre bateau en visuel et passerons plus près de la bouée afin de s'assurer de vous éviter!" L'officiel confirme le passage à 2h14 et 55 secondes et ajoute dans la même ligne de pensée: "Merci de nous avoir évité, bonne route vers Saint-Malo ainsi que les salutations habituelles à l'équipage"!

     


    7h43, 25 juillet 2012 - Christophes Coatnoan - Partouche (113)
     

    À bord de Partouche, par 48 18 N et 63 08 O, en route vers Saint-Pierre et Miquelon à 15 noeuds de moyenne...

    Après avoir longé les rives du fleuve Saint-Laurent par tous les temps, après avoir enragé dans la pétole folle au pied des falaises boisées, après avoir connu une sublime nuit de reaching, on ne voulait pas quitter le Québec comme ça.

    Alors, en entrant dans la baie de Gaspé à la nuit tombante pour allez virer l'avant-dernière marque de notre parcours québécois, notre bout-dehors nous a arrangé le coup : crac, fit-il, quand le bout qui le retient au balcon céda. Rapide conciliaule, et route pour Gaspé au fond de la baie, l'avarie a l'air sérieuse. On en profite, un peu déçus, pour admirer un incroyable coucher de soleil qu'accompagnent quelques baleines et phoques avant de nous amarrer au ponton.

    C'est l'heure des moustiques, mais le capitaine du port est là pour nous accueillir. On démonte, on regarde, on passe quelques coups de fil, on évalue les options, on répare ce qu'on peut... ça tiendra bien comme ça ! Et nous voilà repartis, nous retrouvons en sortant de la baie nos camarades de jeu des jours précédents, encore plus pénalisés que nous par les vents évanescents de la veille et de l'avant-veille.

    C'était tranquille jusqu'à Pierre Percée et, depuis, nous avons entamé un run assez sauvage en direction de Saint-Pierre et Miquelon - 19,4 noeuds record à battre. Un solide vent de nord de 20 à 25 noeuds et une mer courte nous emmènent. Le patron est à la barre, les yeux brillants à chaque surf, Jean-Philippe et Etienne récupèrent dans les bannettes au vent et nous avons Red, EDF Energies nouvelles et Bleu à nos basques. Cette foi, c'est l'Océan.

    A+

    PYL

     

     

    5h00, 25 juillet 2012 - Simon Boivin - Journaliste du journal Le Soleil - EDF Energies Nouvelles
     

    Dans la nuit de lundi, Le Soleil a été interdit de pont sur l'EDF Énergies nouvelles. Excellente décision. Mère Nature était d'une humeur à garder les marins d'eau douce à l'intérieur...Lire la suite

     

     

  • 24 juillet

    * Pour ne rien perdre de l’intensité de ce que vivent les équipages et pour respecter l’esprit « international » de la Transat, les textes sont publiés dans leur langue originale

     


    17h43, 24 juillet - Jacques Fournier - Groupe Picoty (85)
     

    Le Saint-Laurent fidèle à sa réputation

    On ne sait pas dans quel état on va sortir du Saint-Laurent, mais malgré deux nuits blanches à batailler pour faire avancer le bateau, le résultat n'est pas à la hauteur de nos ambitions.

    Beau départ de l'ensemble de la flotte. Dès le début, nous sentons que nous avons une bonne vitesse sous spinnaker et toute la soirée c'est une succession d'empannage dans un vent montant progressivement à 24 noeuds. Nous sommes bien dans le rythme et dans le groupe des 10 premiers bateaux. Les écarts sont serrés et le classement en fluctuant au hasard des bords ce qui jusque-là était logique.

    Depuis toutes nos options ont avortées et nous n'avons pas pris les bons billets à la loterie. Un premier groupe s'est bien détaché et c'est dans le second groupe dans lequel nous jouons l'accordéon sans avoir pu jusque-là nous porter à la tête de celui-ci.

    Le Saint-Laurent est plein d'embuches, avec des vents très variables en forme et direction pleines de surprises.
    Les manoeuvres sont incessantes et à trois nous ne sommes pas de trop.

    On sait cependant que les jeux ne sont pas faits et que quelques jokers peuvent encore sortir. Donc concentration maximum pour garder nos chances ; l’équipage reste serein et calme malgré l'adversité. Le bateau va bien et c'est à nous de trouver une parade à notre manque de réussite.

    Hier petit matin dans la brume et beau spectacle d'un lever de soleil au milieu des bélougas.

    Bises à vous
    Le Team Picoty, Lac de Vassiviere

     


    10h17, 24 juillet – Jean-Edouard Criquioche – Sevenstar Yachttransport
     

    Bonjour à vous,
    Ce n'est jamais très facile d'écrire un truc drôle et sympa quand... on est dernier de la course...!!

    Depuis le départ on fait tout à l'envers... Pourtant on est bien parti, 6e ou 7e sur la ligne, on savait qu'on allait un peu souffrir au début face aux nouvelles bêtes de courses, mais comme en plus on a voulu planter quelques cocotiers sur le Saint-Laurent (un cocotier, c'est ainsi qu'on appelle une manœuvre sous spi ratée qui se termine par le spi de 200m2 enroulé autour du câble qui part de la proue du bateau jusqu'à la tête de mât), ça ne nous a pas aidés.
    L'ambiance de notre Auberge Espagnole flottante est très sympa et très instructive, mais quand il s'agit de lancer des manœuvres à l'arrachées cela se complique un peu...!!

    Résultat dès la fin de la première journée, on s'est trouvé à la rue complète, la faute à nous bien sûr..mais faute amplifiée par un peu.... de passage à niveau: lors du passage de la première marque de parcours le vent est totalement tombé, nous stoppant ainsi que deux autres bateaux, ceux qui nous précédaient ont alors pris la poudre d'escampette!

    Depuis, ça fait bizarre de le dire, mais on se bagarre quand même avec nos 2 amis d'infortunes. On alimente notre ambition internationale avec un bateau québécois, et notre ami de la Belgique "libre"...

    Ça donne l'impression de jouer au pouilleux massacreur, c'est à celui qui aura la dernière place... Pour l'instant, malgré quelques échanges, c'est nous qui avons le valet de pique...! Et pour le moment, on a beau tout essayer il reste dans notre main. Ceci dit, il vaut mieux l'avoir en début de partie qu'au dernier tour, mais quand même...!!
    Le moral reste bon à bord, car on sait que la route est longue et que ça va être encore tordu jusqu'à Gaspé, la dernière marque de parcours du Saint-Laurent et que l'Atlantique nous réserve toujours son lot de bonnes aventures, so...

    Bonne journée à vous et comme on dit ici, à tantôt.
     

    Jean-Edouard Criquioche

    Bateau Sevenstar Yachttransport

     


    9h12, 24 juillet 2012 – Jörg Rierchers – Mare
     

    Hello all,

    Changeable conditions have been the order of the day for this course, and it happens quickly. 

    During the day yesterday it was quite light, and upwind.  We were pipped at the post at Matane by Seb Rogues on Eole Generation - GDF Suez, but since have passed him.

    At St.-Anne-des-monts, a quick peel to the Code 0 allowed us to squeak past Comiris-Elior about 100m from the buoy for our first City win!!!  Needless to say we were pretty pumped about that.  Since that point last night we have been in our kind of heavy reaching conditions. 

    We have seen gusts to 38 knots, and have been down to 2 reefs and the solent;  The boat loves that, we nearly hit 20 knots;  it is a wet ride.  It was a shame that it was nighttime, the photos would have been spectacular.  The lightning for sure was.

    On board we are great, if very tired.  We just managed to get into our watch system about hours ago, and even so, we find ourselves 4 on deck almost once per hour, and conditions are changing dramatically all the time.  We all agree that it will be nice to get into the steadier winds of the open ocean.

    Signing off for bed? Hopefully for more than a few minutes.

     


    7h27, 24 juillet - Georges Leblanc – Océan Phénix (8)
     

    Toute la nuit, les quarts se succèdent à toutes les trois heures. Je suis installé à la table à cartes, les yeux rivés sur l’écran, je constate que la trace de notre parcours n’a rien de réjouissant. C’est aberrant, j’y vois des cercles parfaits. Ça ressemble presque aux anneaux olympiques, la similitude s’arrête là. La nuit qui n’est pas froide, mais tellement décevante, cède sa place au lever du jour qui nous laisse entrevoir le même paysage que la veille. Si le vent tarde à se pointer,  nous ne sommes pas au bout de nos peines

     


    7h15, 24 juillet – Thierry Bouchard - Comiris Elior (83)
     

    Troisième jour. On trouve que ce début de course ressemble un peu à une étape du tour de France au Canada. Ces trois premiers jours, ça a été une bagarre sans fin à se passer et se repasser. Se faire piéger prendre 2 milles dans la vue puis faire les malins en grillant les copains et leur en remettre 1 mille. Ça a été sans arrêt. Depuis hier nous sommes 4 bateaux un peu devant et depuis cette nuit, il y en un tout seul devant. Il semble que les gars de Mare ont dû attaquer velu cette nuit dans les grosses bouffes d'air chaud qui tombaient de la côte. De notre côté, nous avons assurés le coup en essayant de naviguer sagement. Ça n'a pas été évident, les conditions très changeantes rappellent notre Méditerranée dont on dit parfois qu'elle fait des caprices. Ce n'est rien à côté du Saint-Laurent. Quelle soupe au  lait celui -ci...Côté position, il semble que ce matin ça ne soit pas si mal. En tous cas, on est content, on voit encore le bateau rouge, au loin certes, mais on le voit ! On s'approche maintenant du cap gaspésien. On est au près sous la côte. Il fait très chaud l'air est très instable et tombe des collines. On essaie de bien récupérer, de ne pas se mettre dans le rouge. On aimerait prendre un gentil rythme de large, mais avec toutes ces marques de parcours en terre, c'est pas possible. Cela dit la régate et les lieux sont magnifiques. Puis les Québécois massés sur les digues pour regarder passer c'est super sympa. Dites-leur un grand merci pour nous. Un grand bonjour à ceux qui nous suivent et nous envoient du soutien, on ne lâche rien.

    Gilles pour l'équipage de Comiris Elior

     


    6h18, 24 juillet – Aloys Le Claquin – Jack in the box (104)
     

    Salut,

    Et bien ici à bord de Jack ! On est a fond !!! Pas le temps de souffler depuis le début, mais c'est génial ! Les surfs le long de la côte gaspésienne sont magiques ce matin ! Tout le monde va bien ! Grosse biz

    Ludo Lolo et Al

     


    5h00, 24 juillet 2012 - Simon Boivin - Journaliste du journal Le Soleil - EDF Energies Nouvelles
     

    Pile dedans. En pleine pétole. Pas un souffle. Les instruments qui boudent : zéro vent, zéro vitesse. Fichtre, on dirait même qu'on recule. Faut sortir l'ancre...Lire la suite

     

     

  • 23 juillet

    * Pour ne rien perdre de l’intensité de ce que vivent les équipages et pour respecter l’esprit « international » de la Transat, les textes sont publiés dans leur langue originale
     


    17h57, 23 juillet – Erik Nigon – Vers un monde sans SIDA
     

    Compliqué, compliqué le Saint Laurent!

    Le départ dans du vent assez soutenu nous avait laissé penser à une sortie rapide du Saint-Laurent, mais le Québec prend soin de ses invités et veut leur faire découvrir le charme de son grand fleuve, merci!

    Alors on profite un coup rive droite, un coup rive gauche, un coup du vent d'ouest, un coup du vent d'est en passant par le sud et le nord, pas de jaloux! Et puis un coup de courant contre et un coup de courant avec... Heureusement qu'on a 8 yeux pour admirer le paysage, mais surtout que nous avons 8 bras à bord pour empanner, empanner, virer, empanner, mettre le code 0 puis le code 5 (les grandes voiles d'avant), rouler, dérouler, changer, rerouler ... D'habitude on perd 2kg par semaine en Transat, mais là c'est deux par jours!! Bon ça ne nous fait pas de mal, comme disent nos compagnes pour nous encourager...

    Ceci dit, l'équipage a repéré le coffre à gâteaux et je suis obligé de dormir dessus pour qu'il nous reste quelques calories sympas pour le grand large!! Ils m'ont fait le coup de la baleine comme diversion pour attaquer les réserves pendant que je guettais leurs souffles... et elles ont soufflées faut dire qu'elles ne risquaient rien, car on est passé tout en douceur juste portée par le courant, mais leur chant nous a porté toute la nuit et nous a sans doute un peu distraits, car nos camarades sur plusieurs coques nous ont laissés derrière.

    De toute manière, la bonne approche c'est de prendre le temps de visiter ici, tranquille (enfin presque), et de faire parler la poudre quand il n'y aura plus qu'un horizon de houle et de gris.
    En attendant, on progresse lentement avec du vent de toutes les directions, des températures qui varient du chaud au gelé et un long fleuve tranquille qui nous invite à une descente toute en douceur.

    Amis du Voilier au ruban rouge "Vers un monde sans SIDA" nous vous souhaitons une journée aussi jolie que la nôtre!

    Amitiés

    Erik, Samy, Philippe et Vincent

     


    17h39, 23 juillet 2012 – Erwan Le Roux - FenêtréA-Cardinal 3
     

    Sur FenêtréA-Cardinal 3, tout est OK. Après le portant, il y a le près donc c'est parti pour 100 milles de près jusqu'au rocher Percé. La vie à bord n'est pas trop compliquée mais cela devrait changer. Encore beaucoup de manœuvres à venir. La citerne à sommeil ce vide doucement. Yvon apprend vite et nous aide énormément sur les manœuvres.

    À bientôt

    Erwan

     


    10h04, 23 juillet 2012 - Jorg Riechers - Mare (115)
     

    Wow, what a first day!  After a reasonable but not great start under spinnaker, we managed to make our way through the fleet and were leading by around 3 miles at one point.  Then, disaster; we tore our big spinnaker in a big puff, as it loaded up because we were sailing through nasty wind against current waves.

    Since, we have been handicapped, while Remy and I spent several hours patching it back together to get it back up.  The repair is with stickyback, but we need to finish hand stiching it to be confident in the job, which will take another 3-4 hours with the two of us working.  At the moment in light air though it is fine.

    Last night was light and tricky, vmg downwind in light air, with no moon, so it was impossible to see where the wind was.  Fortunately we have managed to stay in the front group.

    We have passed the first two marks of the course, and it is excellent; at each spot, the bank of the river is lined with cheering fans, the Quebecois are really into this race, and the support is great.

    This morning we are still vmg sailing in light air, and the forecast is that it will pick up soon...

    Ryan

    Traduction libre

    « Wow ! Quelle première journée ! Après un départ pas extraordinaire mais raisonnable sous spinnacker, on s’est faufilé dans la flotte et on est même parvenu à prendre la tête avec jusqu’à 3 milles d’avance. Puis le désastre ! On a déchiré le grand spi dans une bourrasque, alors qu’on naviguait dans des vents instables contre le courant.
    Nous avons ainsi été handicapés, alors que Rémi (Aubrun) et moi-même avons passé des heures à le réparer pour pouvoir le renvoyer. Les réparations ont été réalisées avec des parties collées, mais il nous faudra faire de la couture pour finir le travail et pouvoir l’utiliser en toute confiance, ce qui nous prendra encore 3 ou 4 heures de travail à deux.
    Nous avons passé les deux premières marques de passage ; à chaque fois les rives sont noires de monde, avec les Québécois qui nous encouragent ; les Québécois sont à fond dans la course et leur soutien nous fait plaisir.
     »

     


    9h42, 23 juillet 2012 - Christophe Coatnoan - Partouche (113)
     

    A bord de Partouche, au large de l'île du Bic, par 48 24 N et 68 58 W, 7.30 TU

    Après une semaine de préparation à Québec, le Fleuve commençait un peu à nous inquiéter.

    On nous en parlait chaque jour ou presque. Les Québécois évoquaient surtout son imprévisibilité souvent, sa violence parfois, sa beauté toujours. Ceux qui avaient fait les convoyages à l'aller avaient beaucoup d'histoires de baston mémorables, de passages chauds, ou de pétoles totales. Même la météo locale semblait avoir du mal à cerner ce Fleuve si puissant. Tout ce qu'on avait retenu des briefings, c'est que les fichiers grib, ici, ne servent à rien ! Bref, on se demandait à quelle sauce on allait être mangé...

    Alors ? Alors cela a été une extraordinaire journée de course à la voile, tout simplement. Du vent, du soleil, de la chaleur, un départ de gala sous spi et une bataille d'empannages qui a duré jusque dans la soirée et le passage de la marque de Malbaie. Je n'ai pas compté les gybes sur Partouche, mais je peux vous dire que les bouteilles d'eau ont défilé toute la journée et que le combat fut rude, les équipages n'hésitant pas à envoyer les manœuvres dans des rafales qui sont montées jusque 27 noeuds.

    Il a fallu choisir son camp à plusieurs reprises - au nord ou au sud de tel ou telle île ? -, et ces choix ont déjà fait des dégâts dans la flotte. Franchement, parfois, c'était à se tirer les cheveux, mais c'était de la très très belle régate. Un vrai régal !

    Et puis il y a le Fleuve. Ses courants tordus, ses couleurs changeantes, ses effets de site incroyables, ses côtes de carte postale, ses noms uniques... Je viens juste de me réveiller d'un petit somme. Dehors, la brume est tombée avec le vent. L'eau est lisse. Des bouffées d'air chaud et froid arrivent alternativement. Et on entend des bêtes dans l'eau...

    Un petit vent de sud ouest nous pousse vers Rimouski, à environ 25 milles d'ici. Devant, le ciel s'éclaircit déjà. Une nouvelle journée sur  le Fleuve s'annonce...

    A+

    PY

     


    9h36, 23 juillet 2012 - Michel Kleinjans - Roaring Forty II (107)
     

    Bonjour à tous,

    Tout va bien à bord, à part qu'on s'est carrément planté ce matin on allant trop près de la côte, ma bonne habitude de toujours vouloir voir du pays...

    Un lever d’aube des plus belles cartes postales, avec des baleines sifflant à côté et des phoques autour, avec le brouillard au ras de l'eau et une mer miroir avec du vent en haut et pas en bas

    mais bon. À 08h30 UT cela avait encore l'air bon, pas trop loin de la tête de la course, mais en voulant forcer un chemin plus court par l’intérieur vers Rimouski, on s'est pris dans un trou de vent trop près de la coté, et en 2/3 heures on perd 8 milles, mais restons philosophiques, il y a encore 2600 milles pour rattraper le retard, on est reparti là. C’est une belle journée, on a mangé le pain artisanal canadien avec un bon café et le moral à d’un coup monté de deux cran à bord.

    Hier après-midi, on a eu un bille de bois autour de la quille, on a du arrêter le bateau et Axel s’est mis volontaire pour sauter dans l’eau et l’enlever de la quille, sûrement notre homme du jour!!!

    À plus

    Roaring Forty

     


    8h32, 23 juillet 2012 - Georges Leblanc - Océan phénix (8)
     

    Je laisse la responsabilité du chrono à Walter tandis que je barre et que Sébastien synchronise les manœuvres au cockpit. Toute l’équipe se met à manœuvrer, chaque geste est important. Nous sommes tous unanimes sur la question. Il ne s’agit surtout pas de passer la ligne avant que le signal ne se fasse entendre car si c’était le cas, nous devrions rebrousser chemin et reprendre notre départ. Celui-ci s’est effectué avec quelques secondes de retard et le spi en a mis tout autant à se déployer.

     


    5h00, 23 juillet 2012 - Simon Boivin - Journaliste du journal Le Soleil - EDF Energies Nouvelles
     

    Ils sont «sport», tout de même, ces Français. Si vous leur faites rater une manoeuvre, ils vous le diront comme ils le pensent. Mais si c'est leur faute, ils l'admettront sans peine....Pour lire la suite